Deejee-PAP-75 à partir des échos tendres : Episode 6 / Le Temps qui presse ? Milieu Une Fatigante journée

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Sur la page de garde d’un livre de Laure Adler « La voyageuse de nuit« , au feutre vert, l’écolier Deejje-PAP avait noté en hâte et sans détail les heures d’un jour qui n’avaient pas laissé de temps aux heures d’écrire, écrire ici, ce Deeejee-PAP/75, le post encore trop loin du quotidien sans rien d’autre que le quotidien.

Les mots de feutre vert (maître d’école il l’auarit fait en rouge ): lever tôt : rendez vous kiné. Donc, les calories demandées. Plus tard, à la sortie du Musée Trocadéro, vers 18h25, trois jeunes filles très castées blond-blanc-net-grande offriront une boisson nouvelle, confidentielle.

Pour l’instant, 8h15, Estelle, kiné. Estelle, a-elle bien dormi, elle, oui, merci, pas besoin de Stilnox ni de Jameson, Estelle attelle telle quelle : l’essentiel à Soixante-Quinze ans, c’est de choisir avec soin les soins de la kiné, celle qui réeduque le passé en raffermissant le biceps douloureux, réécrire le biceps, quel boulot, tendon un quart décroché en bricolant, foutu Achille, capable de pas grand’chose. Pas le temps d’écrire ceci.

Dans le miroir, Deejee pris au sérieux comme un jour de remise de médaille. Par la fenêtre, dans le contrebas de trois marches, il aperçoit une jeune fille probablement pauvre, qui habite un studio mal peint, qui fume sa clope de 8h30 , qui est encore en pyjama (on le verra quand elle enjambera la fenêtre pour rentrer tout à l’heure). Pas le temps d’écrire ceci.

Ensuite, le marché, Place des Fêtes, les accras des Antillais -superbes, dit la compagne- sont tout juste grillés. Des femmes -surtout- quelques pères (enfants sur les épaules) font la queue devant le maraîcher, aux légumes si chers. Ici, le quartier, tout se mélange, sauf les riches, par absence au registre foncier du quartier. Pas le temps d’écrire ceci.

Ensuite, à pied, un peu en bus 26 ( retards garantis ), boutique des lumières obscures : essai des lunettes chez l’opticien en face de la statue de Dalou, Place de la Nation, Statue massive des Révolutions dites gagnées, barricades du faubourg Saint Antoine, mais aussi, un siècle, avant, pleine Révolution ( la si grande et la si ratée) en cette même place, 1500 têtes coupées, en six semaines, juste avant le 9 Thermidor, super Maximilien, dans le ratage final des Lumières qui s’abîment dans la couleur du sang noir. Pas le temps d’écrire ceci.

Ensuite, métro-long, long- tassé, poussé, debout, difficile de lire Beckett ( on parle avec E. de l’unique pièce de Claude Simon, ou des vaches dans le pré jouxtant la « nouvelle parcelle » dans la maison de C., pendant que Deejee tire sur l’élastique de la kiné.) Pas le temps d’écrire ceci.

Exposition sur le mur de Berlin, plutôt longs rappels historiques de contexte et transposition à nos jours, facile. Pas de visiteurs étrangers, pas de touristes en short, dommage. L’endoit est austère, universitaire, seules les vidéos d’archive exposent du neuf- bizarrement : on se souvient des faits, on oublie les images, et les mots sont morts. Pas seulement les mots. Les mémoires aussi . Pas le temps d’écrire ceci.

Ensuite, dinette : accras sans les Antillais, petit sancerre frais (devenu trop cher avec le succès de revues gastro).

Pas le temps d’écrire ceci.

Ensuite, le festival de Jazz de La Villette, décentré au Studio de l’Ermitage : on revient au quartier Jourdain, ma ville de Belleville, ma belle mélangée, ma sale coquine, c’est plein et chaud, les musiciens et chants d’Antilles jazzies-sans le métro. depuis le balcon – verre sur la table de vieux marbre genre Verlaine pas venu ce soir, Deejje écoute, Deejee regarde les amatrices et amateurs doudandiner en bas. Il se demande ce que ça serait s’ils étaient tous en train de réciter du Spinoza, de pointer les dépenses du mois ( calcul à rides), de regarder des photos de Trump, de regretter le cheeseburger ou la salade Caesar avec pinte de blanche à la terrrasse de  » Les Rigoles » ( «  c’aurait été moins cher qu’ici/ -Mais ici t’as le concert,« ) – on reconnaît le

. quartier pas riche-, ou même s’ils étaient là, brusque regard impénitent, s’ils étaient ici, toutes et tous à poil, trémoussant les peaux , nus comme on a dit, les blonds et les brunes ou l’inverse, ça marche aussi dans les yeux, ensemble en train de rigoler, pétards aux doigts et cauchemars en tête.

Comme ça change la perspective, tout le monde à poil ( titre de film absurde? prévenir Marc G., ça manque à sa collec. de nanars), du coup on part sans acheter les vinyles. Pas le temps d’écrire ceci.

Dailleurs, à Soixante-Quinze ans, on n’achète pas les vinyles : naguère, on a rempli les bennes avec, les vinyles, pour faire la place aux CD, et après on a tout jeté. Comme, les idées ? Hier, on a rempli les barricades pour faire la place aux BD, et après on a tout négligé?

Mademoiselle A ( si discrète pour ce post ! ) Mademoiselle A s’impatiente : des trucs de ce genre, ça risque de tourner à la nostalgie, virer vinaigre, sombrer sombrette, s’assommer souvenir, se déglinguer mémoire, pas de ça Deejje, pas de ça ici , que du futur , on a dit : comment ça va la vie ?

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