DeeJee-PAP /Interstice sans malice-n°4/à partir de 75 ans, sous les soufflets du temps, l’hiver s’échine? Et Beaubourg va fermer ?

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Et vous, demande Mademoiselle A, quand il fait froid dès la fin du soleil, Deejee-PAP, vous avez faim de quoi ? Encore les haleines rêches des cinémas ? Même pas les dîners d’agapé d’après la réunion ? Une solution contre le froid du temps et du dedans ? La pâle errance des pages grises ou des photos sépia ? Une musique tantrique sans trique sur le tourne-pique?

MademoiselleA., si elle commence l’énumération des numérations, sa vaste langue frôle vite l’infini/l’ennui ( ce qui est la même chose ).

Deejee-PAP 75 interrompt : Lui, le soir, il regarde comment ça va, les Rigoles.

Alors, il regarde.

Autour, dans les décors d’arrogants opéras, la walkyrie promène ses vapeurs sur les murs de sa ville. Autour, des gamins sans age et comme hors du temps ont décidé que le temps n’existe plus, jusqu’à la prochaine fin du monde, et s’obstinent aux terrasses.

Autour, la nuit, des peintres peignent et rasent les murs. Le matin, on s’en amuse, en passant auprès de bouches de métro dont les souffles réchauffent les mains. Mais pas le temps de répondre : KOMAN SA VA LES RIGOLES ?

Mademoiselle A. , ce qu’elle dit : les jeux de mots toujours l’agacent. Elle demande si DeeJee-PAP 75 réussit son sevrage des salles de peinture ?

Deejee-PAP 75 : On ne sait déjà plus si Beaubourg a existé. Le quartier de cet endroit affiche qu’il s’en fiche. Le soir, l’école n’enlève plus ses drapeaux. Dans les galeries de Belleville ou les accueils des musées, rien de neuf. Des filles en huile et bronze accrochent le regard et des tableaux. Leurs fesses de marbre tendues vers rien. Cachés derrière les fenêtres, les voisins lisent le programme d’une actualité arrêtée sur son propre silence.

Sur les bancs, parfois, dorment des gens vêtus de pauvreté propre. Ils laissent des canettes sans orange et des mégots sans filtre. Et nous on part dîner avec la famille, au restaurant du septième étage.

Bref, dit Mademoiselle A. : le quartier et la vie ça va comme d’habitude ? A vrai dire, rien à dire ? Simplement, ça s’écoule sans s’écrouler.

Deejee-PAP 75 : la vie ? Le quartier ? Oui, ça rigole rue des rigoles, c’est Belleville, on voit tout, on dit tout et on dit rien

Mademoiselle A. : Tout ce verbiage est un peu gris ce soir. Ici on préfère le rouge de Belleville, pinard et piments, sangs et polars. Si on en restait là ?

Deejee-PAP/75 : chaque mot qui reste est un berceau pour les futurs.

Mademoiselle A : Bah voila !

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Didier Jouault, pour DeeJee-PAP / Interstice sans malice N°4/ à partir de 75 ans , sous les soufflets du temps, l’hiver s’échine? ET Beaubourg va fermer ?

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