Deejee-PAP-75 à partir des échos tendres du Temps. Episode 9 : Lorsque cinq ans auront passé.

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Rappel de ce qui précède à peine ( mais- dirait Mademoiselle A, dès 75 ans , ce qui précède à peine, c’est déjà pleinement lointain.)

Donc : Déjà que la stabilité ou l’apaisement ne semblent pas être, ici ni là, dans nos temps, des impératifs moraux ( à la rigueur des injonctions thérapeutiques, un peu sans espoir), voila que – la nouvelle est ancienne, mais l’application présente – Beaubourg est clos, pour cinq ans. Fermé. Personne. Chut : chute !

GIL, l’ami de Bourgogne et de Place Def., apprenant l’apparition d’un nouveau cycle de posts, celui-ci même, demandait – (on ne saura si lassé ou guilleret) :  » Et y aura encore des shorts?« 

Le Centre. Beaubourg. La machine qui ressemble à un machin. Les tubulures en toiles de maîtres, escalators en installation jamais démises, conférencières pour concerts à trois notes. Entrées payantes ( 18 balles!) pour toutes les couleurs des yeux et les langues du monde. Beaubourg la magie et le marasme. Le Centre de l’Union du ringard et du génial, l’eau dans son vain du savant et du pédant. Cinq ans de travaux.

Bah justement le coin des Américaines en short et sandales, des Danoises en petites robes sages, des Mexicaines basanées. De véritables défilés de l’étoffe raccourcie.

Dans l’unique espace encore ouvert, passagers et visiteuses prennent des photos, reprennent encore des photos comme on assassine les paysages en surexposant l’émotion.

A 75 et bientôt davantage, être tenu à l’écart, sorti de Beaubourg, et DeJee 75 ne sera même plus ce voyageur clandestin fixé sur une photo de Coréenne ?

(« Do you want, the picture, with you, so French? » )

Ombre fugace, photographié de dos regardant le ciel . Photo de Conservatrice ? Ou de Texane ? De Boréale ? De Saint-Laurentale?

Dans la volumineuse et volubile ultime expo-photos, quelques exemplaires de nus – volontairement très frontaux, obliques, plongeants, gros-planesques, évidemment crus– (mais sinon cru, un nu peut-il être cuit, ou démenti ?)(ou démonté? C’est plutôt le visiteur que le nu cru démonte), exposition de nus crus, faciaux pour les dames, profilés aussi pour les messieurs, étonnants sujets d’effroi ou de ricanements pour les groupes de lycéennes croisés au hasard. Le prof goguenard ( ou provocateur?) s’amuse de leurs stupeurs devant l’image photographique du sexe banal – elles ont vu autre, sur la chaine porno : et pourtant, leur question, leur gène sensible : quoi, « ça », ici ? Dans un … « MUSEE »? Pour de vrai,  » ça  » existe donc dans l’univers banal du visible ? Du montré avec permission? Nu cru de musée : l ‘interdit s’effondre, et se dévalue. Quel adolescent s’interesse-t-il encore à Sade ?

Mais les sexes crus de l’expo ne figureront pas ici tels quels (dommage diront certains ! ), car un post précédent a été, il y a peu, censuré ( motif : image d’un buste nu d’un tableau de Valloton dans un livre sur Appolinaire)…et le voici, mais… »caviardé » à point ). Après la femme sans tête de Duchamp, la femme sans seins ni rien, de l’hébergeur. La femme au sexe « modifié » (on l’observe sur un post précédent, rouler la nuit, et pas dans l’expo) déguisé en XXX. D’ailleurs, une chère me demanda ce que « ça  » faisait là? (*)

Mademoiselle A : voyez où le vice va se montrer ! Dans le langage !

Beaubourg : d’accord, les souvenirs, (engagement pris, les récits mémoriels narcissiques n’ont pas de place ici, ce n’est pas le moment).

Le gros éléphant avec ses boyaux dehors, monteurs mécaniques de Grands Magasins soir des Marx Brothers, expos du siècle, cinéma pour quatre places vendues… Et -raconte en vitesse DeeJee, essayant de contourner les oreilles sévères de Mademoiselle A. – vers 18 ans, avec les amis, on allait aux Halles, centre de Paris, les anciennes, les Baltard, celles de fer et de commères vêtues.

Ensuite, on a suivi l’avancement des travaux, en cette place arasée où se programmait Beaubourg, trous immenses et palissades, et pas de Street Art pour améliorer tout ça. Ensuite, on a visité les toutes premières expos, vu Merce Cunningham lui-même, danser dans la fosse plus tard disparue. Ensuite.

Sur l’injonction silencieuse de Mademoiselle A. Deejee range la menue breloque nommée Souvenirs, une sorte de truc pour ne pas oublier ses clés, puis se borne à lui décrire quelques images de l’exposition ultime. Elle s’en fiche un peu, de l’Ultime, à son age, pour elle, l’ultime c’est juste la prochaine station du bus.

Bah voyons!

On peut toujours prendre le suivant. Y a toujours de la place assise sur cette ligne souterraine là, Terminus Cimetière Père Lachaise, bel endroit pour une balade, beaucoup de touristes, et on laisse passer les jupes courtes…En jupe courte jusqu’ici, Coréenne ou Italienne assise là, on laisse avec peine la chair à l’écart. Même fantôme, çà vous soulève le voile. Même poussière on s’échauffe. Septante quinze ou pas. Assermentés, eux, les gardiens des tombes ne regardent que les fleurs coupées, venues de Tarbes ou Belleville.

Même si, tombe oblige, « la chair quitte les os ».

DeeJee-75 et bientôt davantage-, le prochain bus, y a intérêt que l’horaire l’ait prévu rapproché ! Parce que, forcément, à 75, on commence à être un peu pressé.

Tout le monde s’y met, donc, à ennuyer le DeeJee-PEP/75 ? Pour le plaisir d’une exposition à sujet hilarant, imbécilement banal, mais indiscuté : le TEMPS QUI PASSE .

Bah voyons.

Complot de propriétaires d’heures sup ? De vacataires du silence ? D’infirmières de l’absence?

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Didier JOUAULT, pour « DEEJEE-PAP » : Deejee-PAP-75 à partir des échos tendres. Episode 9, Lorsque Cinq ans auront passé. A suivre !

(*)pour rappel de cette fois là d’un post, l’expo travestie en XXX :

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