DeeJee-PaP 75, Interstices instantanés (-n° 7-) … »Et mon bureau? » (Rimbaud, ‘Les réparties de Nina’ -« Cahier de Douai »), Comme un avion sans aile/Comme une abeille sans miel/… à partir des sourds échos tendres du Temps passant …

Ainsi que d’usage, rappel : les tentatives de mise en page trouvent davantage leur sens si on clique plutôt sur « lire sur le blog« .

Les érudits ont réuni sous le titre  » Cahier de Douai » une série de poèmes de l’Arthur. En lisant, en écrivant, DeeJeePAP-75 écoute « Comme un avion sans aile »:

(…) » et grande grande nuit blanche

Et grande grande nuit d’orage

Le tonnerre gronde

mais y a pas d’éclair

Le téléphone vibre. C’est Mademoiselle A.

Elle écoute la fin de la chanson : Mais, demande Mademoiselle A., en cette période des fêtes…

-Défaite?

Sans surprise, Mademoiselle A. persévère :

-En cette période, des chansons der Charles-Elie? et des « poèmes « ? Du Rimbaud qui plus est? Le héros soi-même du peuple lycéen et des marchands de souvenirs sur la place ducale (ou Ducal), à Charleville ?

Deejee-PAP 75 : Vite, vite, juste en ce temps de petits jours et petits fours, et petits tours, je vais m’octroyer la trêve de la grogne sans Trognes ( pour les Trognes, voir un épisode à venir, début 2026…)

-Méchant ? Insalubre? Amer ? Pourtant, on dit plutôt que vous ètes un Gentil, en général.

-Vous diriez « niais », en somme?

-Certains le prétendent.
-Laissons les prétendants, et qu’ils songent, en ces nuits durables, au retour d’Ulysse, et à la colère de son épée.

Elle demande, Mademoiselle A., si le retour vengeur d’Ulysse, le détour du défoulé, ici, sur l’écran, c’est pour bientôt ? Parce qu’elle est mal installée avec son téléphone, dans sa cuisine, à rotir le cochon.

DeejeePAP-75 : Ulysse s’ennuie, dans la vie, trop de silence, d’écume et de soleil, Ulysse s’emmerde, solidement, voila pourquoi il part ensanglanter quelques Grecs d’Orient, et pourquoi il traine dix ans sa tunique sale, pleine de poussière, de sang, de larmes et de spreme, par le monde grec, ensuite, non sans galante compagnie, au passage pas sage, parce que, avec Pénélope, faut l’avouer, et dans le dedans grouillant du palais, mes amis mes héros, quel vide, au fond. Y a pas de quoi s’emmerder ,hein ??

MademoiselleA. s’étonne : d’où vient l’idée?

-De Jean-Luc

-Mélanchon?

-Godard. Dans « Le Mépris », quelqu’un dit ça : Ulysse s’ennuie.

Mademoiselle A envoie ceci : et aussi cela :

( mais l’image-tirée de l’phone d’Ulysse-, provient d’un été grec )

Deejee-Pap 75 : je vais sans doute fâcher trois ou quatre pour qui j’ai de l’estime, mais je doute qu’ils soient abonnés à mes menues dérives : échos tendres du temps qui passe.

Voici donc la colère : sur le « fil » d’un « réseau » très sérieux, j’aperçois qu’une brave personne ( brave, sans doute), fait son

Et d’autres la congratulent en « commentaires« , la félicitent en « emoji », l’adornent de paroles dignes d’Homère : maintenant promue dans l’équipe du bureau qui va bellement coordonner un réseau de coordonnateurs d’assaut, le fameux DCBa 27;

quittant- sous les applaudissements de tout le « fil »- le célèbre groupe DaCB 14, dit des « Etudes statistiques et psychométriques sur les évaluations … »

elle cite « mon » adjoint (possessif ! ), et liste en détail, une énumération (même pas Pérec) n’épargnant rien des détours vains en ce musée des inutiles :

Mademoiselle A textote (on la suppose les mains dans l’ail et l’origan de la sauce) : et – après une pause, pour rire, envoie sur l’écran :

Deejee-Pap75 : quand vous parlez par images, franchement, on ne comprend pas tout!

Mademoiselle A (reprenant une parole) : c’est l’hypertrophie du sérieux de ces gens, sans doute très honnêtes, dévoués, bienveillants, et l’intempestive et parfaitement inutile activité qu’ils déploient, en outre on dirait sereinement, c’est ça? Comme un répertoire des bateaux dans le chant V de l’Odyssée?

Mademoiselle A, tempérant la tempête :

Deejee-PAP 75 ( fâché, débit trop rapide) : ces gens-là dans leurs mini bureaux, comme des buldozzers mentaux lourds et coûteux, qui remballent, remontent, déballent et déplacent sans arrêt la même petite butte, le même tas minuscule de sable fatigué par leurs exercices de rédacteurs, et eux sont terriblement ailleurs, en train de courir sur du rien comme dans un dessin animé de 1950 ( 75 et davantage?); ils sont ici, tueurs de circulaires dans les dédales de La Centrale administrante, des milliers ( 26 « agents » , rien que dans dans le « bureau » DaCB 14); ils manient les rêgles du vide et s’imaginent maîtres du transformé; ils s’envoient des notes de service comme des enfants leurs avions de papier fabriqués avec l’annuaire de 1960. Ainsi tout le monde peut croire qu’on travaille à l’avenir. On regarde passer des avions sans aile, des abeilles sans miel

Pendant ce temps, des beaucoup d’autres, sauf ceux de « La centrale », s’ébouriffent l’espoir de résister, s’accrochent aux murs glissants d’un immeuble commun de plus en plus semblable à un taudis de quartier, vivent au jour la nuit les attentes déçues ou les réponses perdues. Pendant que tous ceux là, plus de cent fois plus nombreux, tentent de renouer avec des espérances pourtant à jamais actuelles, comme une Ecole émancipatrice, comme une Ecole démocratisée, comme une Ecole formatrice de vie commune, de citoyenneté sans réserve, d’égalité réelle postée comme la cible possible, comme une Ecole…

-DeeJee-Pap, ce n’est pas la saison, et encore moins le jour.

-Cette dame de « La Centrale » qui s’auto »poste » son départ de poste avec les tours de langue du grand-vain, est sans doute sincère, mais elle s’agite sur du vent pour délivrer de l’absence vide, et- si encore une vieille sagesse la conduisait à le savoir, on pourrait imaginer que cela forme une façon, sa façon à elle, digne comme une autre, sa façon d’affronter le sentiment de sa propre finitude, de cotoyer avec courage la certitude des échecs dans ce système parfaitement hypocrite, de s’oser parler à soi-même de cette incomplétude radicale qu’est la vie, ça, la vie, joli, mais ça finit, et c’est beau d’autant qu’on ose le savoir, que ça finit, la vie incomplète et joyeuse, mais c’est beau, quand on sait que le reste est une simple occupation du gradin désert pour observer le match des surfaces entre elles, alors oui, on peut s’agiter (mais faut-il cependant dresser l’interminable lourde liste des soins quotidiens apportés au traitement du temps qui passe?), oui, alors, mais ici, non, ici : non, inconscience radicale de l’inutile quotidien, « burn-out » bâti sur une dune, passer le temps, remplir, accumuler, mais non : elle y croit, à son engloutissement dans sa liste des vides, et elle s’enorgueillit ravageusement de ce faire qui n’est rien que l’interminable désert des fuites inavouées.

« Pendant ce temps, Pendant ce temps, Pendant ces temps, des beaucoup d’autres, sauf ceux de « La Centrale », s’ébouriffent l’espoir de résister, s’accrochent aux murs glissants d’un immeuble commun de plus en plus semblable à un taudis de quartier, vivent au jour la nuit les attentes déçues ou les réponses perdues.« 

Pour un temps silencieuse, Mademoiselle A note maintenant que DeeJee-PAP, cela , il l’a déjà dit ci-dessus : la gloutonnerie des mots et l’immense hyprocrisie du plus utilisé d’entre eux : REFORME

DeeJee-PAP ( jamais Mademoiselle A. ne le gène) : Alors, pendant que « ça » ne cesse objectivement de perdre son sens, dans les couloirs de « La centrale », des fantômes même pas guillerets se vautrent dans leur autosatisfaction, des absences parfumées de riens mordent les chevilles inaltérables de chameaux traversant les déserts de l’impuissance sociale.

-Dejee-Pap, souvenez-vous, Ulysse erre, Homère ou Joyce, l’Egée ou Dublin, Ulysse erre car il n’ose pas regarder en face son propre ennui, et encore moins la brave inutilité de son halètement fébrile. Puis, je dois finir ma cuisine : Si on lisait, plutôt ?

____________________________________________________________________________

Didier JOUAULT pour : DeeJee-PaP 75, Interstices instantanés (-7-) … »Et mon bureau ? »(Rimbaud, ‘Les réparties de Nina’ – ‘Cahier de Douai’) … Comme un avion sans aile/comme une abeille sans MIEL …/à partir des sourds échos tendres du Temps, suite et A SUIVRE ! (on peut transférer, et faire s’abonner, bonne période pour les commencements !)

Laisser un commentaire