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Il a un peu de mal à quitter le lit, ce matin. Couché tard au retour d’une « maraude » associative, nuit sous la pluie très gelée. Mais les hébergé(e)s avaient encore plus froid, le temps d’un café.
–Mademoiselle A. ( sincère?) : Mais c’est tout de même utile de faire quelquechose de réel, dans la vraie vie hors du clavier. D’ailleurs, c’est ce que dit votre amie Cécile, non ?
S’exportent des draps un mal de tête discret mais fidèle et la douleur, assez chronique, de l’épaule. Compagnons de nuit. Dafalgan codéine et vitamine C.
–MademoiselleA.(éplorée, dirait-on) : Une « capsulite », vous a dit le médecin du sport à l’INSEP, l’autre jour. A ce sujet, au départ, ici, Deejee Pap, ce ne devait pas être de petites » capsules« , si ?
Il aurait aujourd’hui voulu prendre le train à Bercy, sans souci, comme souvent, et retrouver à Cosnes la petite voiture de location, puis aller jusque dans la maison à B., séjourner 24 heures, à peine un passage de fan,tôme qui se réchauffe près de la cheminée,
venir là pour le plaisir de regarder la maison sous la neige, la joie d’aller à pied commander un café serré au bar « Le Cerf », dans le village voisin,
même de rester plus longtemps et venir dîner au restaurant chinois à Aubigny l’écossaise.
Le curieux restaurant
ferme si tard, tenu par un jeune patron qui ressemble à un vieux légionnaire converti aux subtilités de la baguette, et partageur de présence.
La présence partagée, à Septante et Quinze et davantage, trésor assez rare.
Mais sous la neige les petites routes du Berry ne sont pas sûres.

–MademoiselleA. ( compatissante) : L’amie/ voisine, Louise, l’a constaté avec sa voiture pourtant plus solide, non ?
Il est sorti, pour l’agréable flanerie au marché Place des Fêtes, mais le vent a retenu les marchands ailleurs, et l’échafaudage devant « Les Rigoles » claque un peu sur comme sur le pont aigre d’un dix mêtres, vers Ouessant .

–Mademoiselle A. (cultivée) : Vous pouvez ajouter ici deux de vos références, HUGO, dans Ruy Blas, le roi écrit » Il fait grand vent, j’ai tué six loups« – insignifiant message, tandis que son épouse aurait besoin qu’il exprime un lien, une intimité, pour qu’elle puisse résister à sa tentation d’amour. Ou encore votre Valéry, » Le vent se lève, il est temps de vivre », bien que, à Septante-Quinze et davantage, ffranchement, malgré toute l’amitié que je vous réserve, ça perd un peu de sens, non?

Ces jours ci, seul ou plus souvent non, il a exploré son imaginaire et retrouvé ses joies de regardeur en passant beaucoup d’heures à l’Institut du Monde Arabe ( du restaurant trop cher sur le toit, on voit la Seine en bas ), ici venu pour l’exposition sur la Ptolémé Cléopâtre, et ausi la veille venu au muséum pour « Déserts », et ensuite au Louvre pour Jacques Louis David.

–Mademoiselle A. (inspirée): Elle, Cléopatre, grande figure maintenant de la féminité qui résiste avec force aux hommes et de la reine africaine qui résiste aux colons; lui, David, grande figure de l’opportunisme à fidélités variables avec un talent sans limites, à qui se fier, n’est-ce pas, sauf sans doute à la voix rauque du désert, oui ?
Eux, déserts, l’infinitude.
A Deejee-PAP 75, des nouvelles lui sont parvenues de Gil que tel muscle ingrat conduit à l’immobilité; de Jean, mal remis d’un Covid encore, et dont l’humeur a la pâleur de la neige; d’Alain, opéré d’un bras où la vis ancienne se dirigeait vers une grève interne; de Michel avec qui le grand plaisir de bavarder au « rendez-vous des amis »( plat du jour traditionnel) est brisé par un cancer de la langue, ni mots ni plat du jour; de Christian qui ne sait plus sauter hors de sa dépression profonde, depuis sa dernière (belle ) exposition;
de François dont le dos brisé par des années de voiture professionnelle limite les visites et les mouvements; et il entend dire encore que pour Catherine aussi les douleurs sont vives,qu’une autre
Catherine répare avec peine son genou…et son mari.
–Mademoiselle A.(un peu triste): Finissez Chapoutot, l’excelent, et relisez Boucheron, le très bon, ça devrait vous distraire, non ? Penser l’arrivée du désastre…
Plus tôt, pour DeeJee-Pap 75 s’exportaient du lit un mal de tête discret et la douleur assez chronique de l’épaule.
. La nuit est venue. Dafalgan codéine et vitamine C. Pour le reste, on n’en sait jamais assez sur la folie du monde, et la beauté des hommes, et la vigueur des femmes.
Alprazolam et course à pied. Pour le reste, encore, s’il y a du reste, cette question de jeune homme au seuil de la nuit :
« Alors, on fait quoi?«

–Mademoiselle A. (telle quelle ) On fait quoi?.. On fait quoi ? Bah, DeeJee-PAP, que voulez-vous, on attend, ça va passer. On attend. Pour tout le monde, toujours,ça passe. Suffit d’une certaine patience dans l’azur , non ? 
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Didier JOUAULT, pour : Deejee-Pap/75, insertion 9, « Il fait grand vent », à partir des échos tendres du temps (« tendres », ça dépend des jours ). A suivre.

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