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TEMPS de LECTURE 4 minutes.
–DeeJee-PAP dit : 75 ans, un peu trop gros ( allez, seulement trois kilos ! ) ( ou quatre )
–Mademoiselle A dit : trop de tartines de rillettes et d’oeuf au bacon ?
–DeeJee-Pap : le matin uniquement, oeufs/bacon, on a son impératrif catégorique. Et rillettes, au dîner seulement.
–Mademoiselle A : trop de menetou-salon, acheté au producteur, mais bu avec les copains et les frangins ? Menetou-salon, le prix a triplé en vingt ans, ça fait son parisien amateur friqué, non?
–DeeJee-PAP : Friqué ? Il dit qu’il peut raconter pauvreté des origines, les toilettes à la turque sur la palier d’un immeuble plus que vétuste, l’absence de chauffage, pour tout l’appartement un seul robinet- eau froide- dans la cuisine et …mais on n’en parle pas, on a dit ! Inutile de parler de ça, si longtemps plus tard.
-Mademoiselle A : Oui, on a dit. On raconte pas de passé. 
–Deejee-PAP : on raconte pas ces trop de nuits, couché très tard après ds lectures infinies, ou ensuite après une « série Trois T de Télérama » avalée d’une seule traite, verre de whisky étranger mais tout proche –
–Mademoiselle A : pour sauver ( peut-être?) tout ce trop-là, il y a le footings, le trop-peu des six kilomètres dans le parc des buttes Chaumont,
–DeeJee-PAP : véritable scène de catalogue municipal pour mixité urbaine, mon quartier côté les buttes : familles juives en grande tenue d’orthodoxie, en compétition de conformisme 19 ème, à côté de silhouettes de femmes musulmanes en totale exhibition de tout-caché, mais aussi de jeunes filles en cheveux verts, polos noirs troués de griffures sur chair, tatouages mirifiques (à faire envoler tout imaginaire) et percings généreux (on regrette ceux invisibles), ou encore des flaques de gros dadais flasques, dodus et dandelinants, style Paris ouvrier canaille de barrière ( gâpette et salopette ) et encore (pour achever l’e regard’arc -en-ciel ! ) de plus gros dadais – quoique généralement minces et bronzés- les hypsters hystériquement clapotant sur l’ordi à 3000 balles posé sur leurs genoux cagneux de même pas Khagneux, Coffe-shop clinquant.
–Mademoiselle A : Comment ça va Les Rigoles,sinon ?Et le théatre des buttes Chaumont ? Et les balades au cimetière immense du père Lachaise ?
Et, vous ne dites pas, Deejee-PAP, s’il y a soleil aux Buttes, week-end d’été c’était, les filles en menus strings lisant les oeuvres complètes de Jacques Bablon, vous ralentissiez le footing ? Lièvre devenu tortue, mais aigle du regard?
DeeJee-PAP : de toute cette liste de fantômes mobilisés par leur silence intérieur, comme depuis toujours, les filles , ce sont les seules qui soutiennent le regard. Comme disait le Duc : » Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder de face ». Le reste, parfois……
–DeeJee-PAP: 75 ans, donc, le footing ou la rue de mon quartier, c’est inrangeable, inimitable, confus et profus, photos et rigolos, c’est – dit une voisine – « vraiment n’importe quoi « , et voila pourquoi ça me ressemble : 75 ans, mon genre à moi c’est de me mettre à croquer une tranche de pain grillé -beurre-miel- juste en sortant de la salle de bains où je viens de me laver les dents ( « pipi, les mains, les dents« , disait-on aux filles avant la nuit).
Et y plus qu’à tout recommencer.
-Et alors ?
-Alors on ne parvient jamais au bon rythme. Au tempo qu’il faut. A l’enchainement cartésien, carré logique et imparable. A la bonne suite, en somme, des évènements avec ceux d’avant.
Vers Septante-Quinze, la « bonne suite » on ne sait plus du tout ce que ça peut être …Discontinuîté radicale, mais savoureuse, et suites imprévisibles- naturellement.

Le mieux, c’est de parcourir le quartier : balades et murs rencontrés, échos des révoltes jamais venues au jour, ombres des révolutions toujours perdues. Mais en même temps, le grouillement rieur, le bousculement des mots et des joies, les terrasses et les cafés : tout vit deux fois plus qu’ailleurs, et moi aussi, et moi je vis avec.
–Mademoiselle A : A votre age, à part le rythme cardiaque, ça a du sens, une suite logique? Vous n’allez pas vous mettre à faire des « Patiences » comme les vieux de jadis, avec un Picon-Bière au bar du marché? Au fait, le rythme cardiaque, ça va, ou ça s’étiole un peu comme le biceps?
-Oh, ça va , ça va …Et vous, ça vous fait quoi, un vieux qui court, si vous ètes par exemple une jeune épouse de juif Haredim, par exemple une étudiante en burka, par exemple une fille de famille en string, par exemple un toute tatouée toute percée ?
-Mais, dit Mademoiselle A, en théorie, un vieux de 75 ans ça court pas les rues? D’ailleurs on n’a pas déjà un peu dit ça, et montré la même image, il y a quelques épisodes?
DeeJee-PAP 75 , pour toute réponse, prétend que « plusieurs épisodes avant », ça ne compte pas. Dépassé, ce passé, lui aussi. ON parle pas du passé.
–Mademoiselle A : Oui, on a dit. On a dit ça, oui. On raconte pas de passé. Rien que du présent, et le futur du présent. C’est plus marrant, d’ailleurs, de vivre tendre et de se projeter rieur, non ?
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Didier JOUAULT, pour : Deejee-PAP 75 . A partir des échos tendres du temps. Episode 11 : un Vieux de 75 ans, ça court pas les rues. Mais ça rase pas non plus les murs.

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