Pour rappel : lecture conseillée par clic sur « blog ». (Mylène observe qu’elle ne peut pas lire ni regarder correctement, mise en page détruite)
TEMPS DE LECTURE : CINQ à SIX MINUTES, POUR CHACUNE DES SEPT PARTIES/ACTES.
DeeJeePAP75 : « Voilà tout« , dit -il, tirant à lui une tartine de miel , à côté du thé.
Mademoiselle A. : « Bah non, voila précisément pas tout. » Et elle repousse le pot de miel, s’assied, ajuste les vêtements (une séance de pose s’achève). »Tout cela, peut-être, oui, c’est bien joli, mais il faudrait tout de même que nous parlions ».
Mademoiselle A., quand elle s’y met, ça peut facilement ressembler à la rupture d’un barrage. Imaginons Assouan qui déferle soudain. Mais en plus calme. En plus souriant.
Le plus souvent, par mesure de précaution, parce que cet espace d’écran est tout de même sa propriété intime ( son initiative, son clavier, ses images détournées, ses lectures déclarées, ses nuits de travail…), en général, DeeJeePap contient l’action bavarde de Mademoiselle A. : il la cadre dans de petits cartouches, autrement dit (et autrement vu et lu) :
1- de maigres commentaires d’ailleurs en voie d’extension, prudence et méfiance.

2- un questionnement rituel faussement formel, sur l’étât des bistrots-terrasses du quartier, Les Rigoles, Les Mésanges, Les Cascades, le Zéphir, Le Floréal, Paloma, et quelques autres où l’on va moins souvent.
3- une jolie pose à visages variables, mais à nudité perceptible dans le dessous des paroles ( pudeur publique de MademoiselleA. , regard des censures ), nudités à peine couvertes qui n’ont certes pas fait perdre d’amis à DeeJeePap75, mais des lectrices, oui.

Pour DeeJeePAP 75, depuis leur accord, Mademoiselle A. est une sorte de refrain dans la chanson- longue et durable chanson de la vie.
-« Vous m’écoutez ? », elle demande, et enchaine : « Il serait bienvenu, pour tout le monde, y compris l’avenir énergétique de la planète ( car vous veillez tard et bousculez longemps le clavier), il serait bienvenu ( on devine une hésitation), ne croyez-vous pas? Bienvenu de faire plus court, non ?
-« Et à ‘inverse, murmure DeeJeePap à son clavier, nous serons longs, six épisodes où s’enchevètrent : deux « semaines historiques ». Elles sont toutes deux magnifiées par une oeuvre (roman : « l’Insurgé »; opéra : « Nixon en Chine »).
Deux semaines radicalement différentes, dirait-on. Et cependant, oui, tant d’années plus tard, que survit-elle de chacune, sinon l’effacement des élans et le silence des espérances? »
1- Roman, « L »insurgé « .
Aujourd’hui, c’est le 26 mars. Jour des élections municipales...en 1871.
L’Insurrection de Paris ( à l’Est surtout) a eu lieu le 18 mars. Les Prussiens ont défilé dans Paris quelques jours avant, complices de Thiers, qui a signé l’accord livrant Paris, auparavant assiégé, mais qui n’est pas « occupé ».
Le gouvernement s’est déplacé à Bordeaux. Des élections ont eu lieu- dans une France rurale à 90 % – où votent majoritairement des petits propriétaires légitimés et enricis depuis la Révolution, en particulier gràce aux » bien nationaux ». Balzac raconte si bien leur asecnsion. Ilqs votent si bien que l’Assemblée Nationale est monarchiste. Une nouvelle » Restauration » est possible.

On se souvient depuis l’école de la fraternisation entre soldats, Gardes nationaux, gens des rues de Paris, lorsque Thiers (chef du pouvoir exécutif) veut récupérer les canons de la Garde nationale obtenus gràce à une souscription des Parisiens (et Parisiennes, les femmes sont très actives dans les rues de La Commune). On est le 18 mars.
Certains des canons ont été transportés la veille depuis la place des Vosges, coeur de Paris ouvrier. Ils stationnent près de la mairie du XXème, à Jourdain, à quelques pas de l’appartement où DeeJeePap raconte ceci. En cet endroit, jadis, l’ancienne mairie du village de Belleville, devenue mairie de l’arrondissement, PIAT ( ou PYAT), tentera de diriger, avec RANVIER, les ultimes résistances de la « Semaine sanglante ».

Bizarrement(?) quelques lettrés de naguère pouvaient citer le nom de cette rue, PIAT, parce qu’elle formait fourche en haut de la rue Vilin, et que Georges Pérec la cita plusieurs fois, au cours des ses errances dans la mémoire.
Mademoiselle A, pour l’instant, se tait, faisant mine d’écouter. Cependant, à peine commencée, la narration mal pensée de ces passés là la lasse et dépasse hélas son présent. Tout le monde se demande quand sa patience va se muer en éclat- ou en bouderie.
Le 28 mars, dans deux jours, – en écho à « l’Affiche Rouge » dont Vallès est l’un des quatre rédacteurs, La Commune de Paris est proclamée, conséquence de l’Insurrection. Elle réunit -fugacement- les grands courants républicains (grands et très minoritaires pour certains).
Ceux qui se qualifieront eux-même ensuite d’ « opportunistes » ( gouverner selon les opportunités politiques, « pragmatiquement »), comme Gambetta, Ferry, Favre. Ceux qui veulent prendre le pouvoir les armes à la main- Blanqui en tête, et tous les autres, dont Vallès, promotteurs d’une Révolution anti-personnalités; une Révolution sans violence sinon verbale; une Révolution contre la misère et la douleur du quotidien, toute bâtie de comités élus et de porte-paroles à mandat contraignant, de volonté d’apporter secours au peuple sans tirer la Révolution à soi, d’idéaux passant par les actes, pas si loin d’une forme d’anarchisme organisé, un sentiment fortement libertaire, inspiré de Proudhon ( Vallès l’a lu en bibliothèque faute d’argent pour acheter les ouvrages), un anarchisme résolument acteur par les mots, sans bombes.
2/ DeeJeePAP75 : » L’insurgé« ,
Vallès le publie- non sans mal- en 1885, alors que la Troisième République a décidé depuis cinq( sous la pression du sénateur Hugo et du député Clémenceau) l’amnistie pour la foules des communardes et communards. C’est à mort que Vallès a été condamné, par contumace. On utilise ce mot- communard- mais il respire encore le mépris, la haine de celles et ceux de la Commune. Eux s’appelaient « Communeux ».

Emouvante et fébrile aventure politique : sitôt ( dans le début du récit) passée la fin de l’Empire, période oubliée pendant laquelle des élections furent admises, et des députés « de gauche » élus ( Socialites, Républicains), dès la fin de l’Empire, dès la fin du siège de Paris, désespéré de honte et de famine, une sorte de fantôme de l’Histoire s’assied sur les marches de Montmartre et Ménilmontant.
La deuxième Commune, la plus grande, la plus courte. Dans cette forme ressuscitée du 10 août 1792, premier jour d’opposition entre la vertueuse Assemblée Nationale de la Révolution et les peuples divers de Paris, sectionnaires des Sans-Culotte, renaît la Commune de 1871. Bref éclair à la fois d’immense humanité, d’espérance du partage vers le bonheur, de fébrilité infinie du langage dans la frénesie mal canalisée de l’action.
3/ Mademoiselle A., come again
Oui, encore elle, on se souvient sans doute de leur rencontre il y a neuf mois? Elle alors inconnue, DeeJeePap tout près, ils visitent une expo, s’aperçoivent, dialoguent, elle s’amuse de ce vieux qui marche, il demande un gage pour rire, elle promet d’accomplir sérieusement.
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Pas nue, mais habillée uniquement de mots. Et ceux-ci persévèrent depuis le premier post, « le poste de garde » ironise Mademoiselle A., qui n’a pas sa langue, non plus, dans sa poche ( car le plus souvent pas de poche pour la pose).
Mademoiselle A., telle qu’en elle-même le narrateur impénitent la transforme,
de nouveau proteste et rechigne, conteste et ronchonne, en ennemie du passé : « EST-CE EN RAISON D’UN AGE LOURD, A DEFAUT D’ETRE VENERABLE ? » On ne l’écoute pas, elle, exigeant qu’ici soit rapporté seulement le présent du futur, celui de DeeJeePAP 75.
Elle affirme en outre qu’elle aimerait être une véritable personne, à force. Mais DeeJee, tout PAP 75 qu’il se prétende, tourne et détourne l’intérieur de sa mémoire, revient au ruban moiré du passé, presque sans résistance apparente, laissant « la luge des souvenirs rouler tranquillement sur les pentes du récit », comme pense Mademoiselle A. usant la métaphore comme un vieux chandail pour maison de campagne.
De plus, pourquoi pas, DeeJeePap 75 lui aussi aimerait sans doute être une personne, au moins peut-être un personnage ?
» Puisque c’est ainsi, DeeJee l’incorrigible, je vais m’occuper à autre chose, carnage notre non-nue Mademoiselle A » .
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Didier Jouault pour : DejeePap/75, à partir des échos tendres du temps. Episode 18 ( après les élections municipales ) VALLES marche dans Belleville, et les belles dames vont à l’Opéra / Partie 1 sur 7. A suive ! Dans dix jours, environ…

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