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4 – DeeJeePAP 75 : solo remember
Mademoiselle A. semblait exiger qu’on parlât d’autre chose. « Que dalle« (comme elle dit, parfois pendant leurs poses d’images). Changer de ton, de voix, le long de la voie ?
Passer le passé à la Trappe des silences ? Aller à tâtons, et pourtant vivement, pas sûr de ses pas, comme un touriste qui dévore pour la première fois les placettes d’une ville-principauté en Italie du nord, ces amoureuses splendides dans leur vieillissement solaire, Parme, Padoue, Ferrare, Pise, Vérone, si on évite un peu les heures à hordes, et même Milan ou Venise, très tôt le matin, découvertes, découvertes, jolies comme une vieille femme sous ombrelle tenant la main d’une jeune fille partant au bain,
DeeJeepap75 si tard dans le soir, verre de bianco pâle et glacé dans un dernier bar de Canareggio, rude « Primitivo » avec l’osso-buco maison du déjeuner via deifiorio, heures décrites par mille et mille guides trop mal lus, mais pas les guides intérieurs de la mémoire fertilisée par le désir.
5 – NIXON en Chine commence à l’Opéra.
DeeJeePap75 a déjà vu la pièce il y a deux ans, heures d’enthousiasme.
Préambule ( (les citations proviennent de « NIXON IN CHINA », opuscule « Programme » de l’Opéra national de Paris », m.a.j Février 2026)
Historique
« Une semaine qui a changé le monde »
« Au mois d’août 1969, selon son médecin et confident, Li Zhisui, Mao avait résumé ainsi l’isolement stratégique dont souffrait désormais la Chine(…) :’ Réfléchis un instant. Les Soviétiques nous font face au nord et à l’ouest, l’Inde au sud et le Japon à l’est.(…) Au-delà du Japon, il y a les Etats-Unis. Nos ancêtres ne nous ont-ils pas enseigné de nous allier avec des pays lointains lorsque nous nous battons avec nos voisins?'(…)

« Tandis que la diplomatie ping-pong se déployait au gand jour (les rencontres entre équipes lors d’une compétition au Japon, première étape du rapprochement), les contacts entre Mao, Chou, Nixon et Kissinger reprenaient dans le plus grand secret(…) le message confirmait que les Chinois souhaitaient résoudre principalement la question de Taiwan. (…Selon Mao) » Le seul problème relevait des Etats-Unis, qui devaient rapatrier leurs troupes, une double allusion au Vietnam et à Taiwan »(…la rencontre) « permit, enfin et surtout, l’avènement de la Chine comme la puissance majeure qu’elle est aujourd’hui devenue »
(texte de Antoine Coppolani, « Programme », p42-47) 
et aussi, en préambule encore, le texte de Thierry Santurenne, ibid, p.75-79,
» Le crépuscule des dieux » :
» Pour le meilleur ou pour le pire, la flèche de l’Histoire s’alentit au point que les membres de la sphère politique, devenus incapables de surplomber ‘une époque perturbée’,( Nixon dixit), perdent toute dimension épique. Ramenés à une temporalité « à hauteur d’homme », ils affichent au moins une sensibilité bienvenue, à défaut d’une clairvoyance. Alors que certains aveux de Mao (‘je deviens vieux et ramolli, je ne vais pas /Demander votre défaite, chante-t-il) sonnent comme un désir d’effacement de la mémoire historique, le président de la Maison Blanche exulte dès sa descente d’avion à l’idée d’être transfiguré par la médiatisation de l’évènement, et donc de ‘faire l’Histoire’. »
Texte :(sources : 1-Wikipédia, 2-« Programme » Opéra de Paris,3- spectateurs)
L’idée d’un opéra sur ce thème provient du metteur en scène Peter Sellars avec qui le compositeur John Adams ravaille à la création de cet ouvrage. Nixon in China est le premier opéra du compositeur et le livret est écrit par Alice Goodman.
Elle s’inspire directement des discours prononcés par les deux chefs d’État, Richard Nixon et Mao Zedong, assurant ainsi la fiabilité « officielle » du texte. Cependant- cela va encore davantage de soi s’agissant d’opéra, l’oeuvre est fiction.
L’opéra se compose de trois actes et six tableaux. 
Le premier acte détaille l’impatience, l’arrivée de Nixon et son cortège, le 21 février. Un aigle majestueux descend lentement des cintres, entre des contingents de militaires vêtus de rouge et de bleu. Le « visuel »pose ainsi dès le début la thématique d’un affrontement où le Président, venu en triomphateur du « monde libre » va ( d’une certaine façon, par l’absence de tout progrès) s’écraser. 
La première rencontre et le premier soir en Chine réunissent Nixon et Mao : à peine sorti des mains de ses « masseuses »., Mao disserte, n’accepte de parler que de philosophie.
Ce qu’on voit superpose deux plans ( les moyens de l’opéra de Paris sont immenses): le vaste salon de Mao. En haut, entouré d’étagères qui s’avèrent ne porter que des décors de tranches de livres ( Kissinger s’en aperçoit : derrière tout est creux…symbole ! ).
Un second niveau de scène, sous le précédent, montre les » en-dessous » du maoisme : des livres brûlés dans des chaudières, puis des hommes soumis à la torture.
Rien de ceci n’est suggéré par les didascalies. 
La mise en scène ( il est temps de citer l’inventive- abusive disent certains- Valentina CARRASCO) est d’une richese et d’une créativité rares ( un « grand spectacle »), mais elle amplifie très largement les propos « antimaoistes » du livret lui-même.
En effet le second acte se concentre plus particulièrement sur Pat Nixon, alors qu’elle visite la campagne chinoise, ( « les hommes » sont au travail) et qu’elle se rend même dans une école, un hopital, un élevage de porcs » « pigs! »pigs! : on se souvient des slogans vietnamiens contre les soldats américains.)
D’un bout à l’autre ( y compris quand elle se préoccupe essentiellement d’un rouge à lèvres qui déborde ), l’épouse du président incarne « l’Amérique profonde »- celle dont ricanent volontiers les Européens des milieux cultivés.
Mademoiselle A., de loin ( elle est partie à la piscine essayer de nouveaux regards sur un bikini neuf) : » Vous m’avez inquitée lors du passage sur les cités d’Italie du Nord, surtout Ferrare, qui nous a déjà valu Cent posts en saison DEUX, ici même. Je vois que vous avez musclé votre résistance au retour du souvenir? 
Ce à quoi DeejeePAP75 lui répond de ne pas se faire d’illusions ! A suivre, donc…
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Didier Jouault, pour : DejeePap/75, à partir des échos tendres du temps. Episode 19 : VALLES est à Belleville, et les belles dames vont écouter NIXON à l’Opéra, Partie 2/7

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