TEMPS de LECTURE : MOINS LONG QUE L’ATTENTE !
Le paisible flux banal des jours ( si on peut admettre quoi que ce soit de banal à SOIXANTE-QUINZE et davantage ?)…
…l’ordinaire sentier des vies passe par l’un de ces petits ponts attendrissants, certes, mais qui -avant que DeeJee-PAP 75 ait eu le temps de tout comprendre- deviennent boulevard, place, ville, métropole – au moins en terme de l’habituelle question :

Or : voici que jadis l’on entend parler d’un petit nouveau, pendant le déjeuner du restaurant, dans les environnements de Mademoiselle notre fille, et puis plus tard de balades, et aussi de jolis moments
d’émouvants et gais petits déjeuners…
de soleil et de tendresse…
…On ne voit pas ce qu’on pourrait dire, puisque le bonheur visible est le meilleur diffuseur du bien-être. Mieux que l’Alprazolam.
Plus tard – naguère- et cela n’a rien d’inévitable ni de « cela va de soi » en nos jours incertains :
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Dommage pour le menetou-salon, désormais transformé en eau pétillante, manipulation anti-biblique, au fait- mais alors ?
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Parvenus au point de ce récit, mille milliards de fois écrit depuis l’invention de ce bonheur maudit, l’écriture, la suite ( heureusement ! ) se déroule dans un théatre d’opérations, de justesse sans opération,
ni même l’opération du Saint-Esprit…Pas si facile d’arriver là, ressent Mademoiselle P.
On ne va pas (DeeJee-PAP 75 ne va pas)
gloser sur le sombre imaginaire des suites, sur le fantasme des enchainements déchainés : c’est dit, c’est là, beaux efforts, c’est une petite fille, c’est bien, Mademoiselle P., c’est gentil d’être venue de là-bas jusqu’ici.
Comment ferait-il autrement, le temps : il passe. Toute anecdote formerait un pitoyable décor pour cette évidence qui s’installe autour de Mademoiselle P. , l’évidence d’être là (installation qui ne va pas sans un certain environnement sonore, et une accélération générale des rythmes) ce qui n’intéresse personne – sauf les proches.
Puis – et c’est le motif de l’Insterstice du jour -Mademoiselle P. subit une première attaque. Sournoise petite bestiole parvenue là on ne sait comment. Mademoiselle P. ça chauffe, le coeur suit mal. Bat trop dur. Fatigue.
VITE. On l’emmène, on l’examine, et puis on la ramène.
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Deux heures plus tard, l’attaque crue apaisée contre-attaque raidement. On se dépêche. Encore. Sirènes. Mademoiselle P. s’essouffle, mais regarde autour: pour la première fois, des pompiers. Elle doit se dire : Pas si facile d’arriver là, encore une fois ? 
Ensuite, on attend. Dans les toutes petites pièces de la grande maison à soigner, les parents attendent. Tout le monde attend. C’est comme ça, on attend, voila. Pas si facile d’attendre là, se dirait Mademoiselle P., si elle n’avait autre chose de plus urgent à faire.
Les Parents sont restés ici. Parfois on vient leur parler. Ils se relaient, ils dorment un peu sur des fauteuils, qui ne le ferait? 
DeeJee-PAP 75, autre banalité, annule ce qui était son futur proche : réunion, participation, déjeuner, courriers, spectacle. A disposition, sinon dispos. (E. fait encore davantage, mais on ne parle pas de E. ici- réserve inconditionnelle).
Plusieurs jours plus tard, cela d’un coup s’achève. 
On dirait que le temps, et ses barbares amis, ont repris le rythme paisible des petits chemins de forêt, on pourrait croire que le torrent a regagné son lit de ruisseau.
Retour à la maison.
Mais non. Quelques heures à peine, et Mademoiselle P. de nouveau déchire les émotions par ses cris : douleur, certes, douleur, et rien n’y fait, et – pire que toute alerte – d’inconnus crissements aigus, cette sorte d’aigus où l’angoisse de la survie se déchiffre en brefs appels à l’aide. A cet age, déjà, on sait reconnaître la proximité des limites.
Le chauffeur conduit avec hâte : il a trois enfants, il connait ce regard ébahi des parents qui ont eux aussi entendu la proximité des limites.


C’est maintenant, plus tard, qu’on pose des image dans ce récit, parce que dans les meilleures histoires tout finit bien. Mademoiselle P.? Oui, ça va très bien. Sinon, d’ailleurs, nul ce soir n’oserait glisser un doigt sur un clavier. Donc, c’est passé, Mademoiselle P. rigole en regardant un lapin, grogne un peu quand on retire le biberon vide. Tout ça, vraiment, ça occupe bien, mais finalement ça passe. Bravo, Mademoiselle P. Bien joué !
Pas si facile d’arriver là, tout de même, non ?
Uhe autre Mademoiselle – dite Mademoiselle A. ( et qui n’est pas descendue d’un roman à la station Pierre Benoît contrairement à ce qu’espérait Michel ) semble soudain quelque peu ridicule dans ses …
…provocations de papier glacé version numérique.
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Dans le couloir de la galerie CAPAZZA, l’émouvante terre fragile mais apaisée de Georges JEANCLOS attend que, pour DeeJee-PAP 75 aussi, passe le temps d’arriver … là.
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Didier Jouault pour : DeeJee-PAP/75 : Interstice -n°2- / « Pas si facile d’arriver là » (au coeur d’un récit plus large : tendresses et justesses du Temps de 75)

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