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TEMPS DE LECTURE, CINQ MINUTES ( Pour les plus rapides ! ). De regard : 3 minutes, si on cherche pas les détails
« Faut que ça aille. Et vite. Si on peut. On n’a plus cinquante ans ! A Soixante-Quinze ans, les pages, ça se tourne par deux. Par blocs« .
Elle s’amuse, Mademoiselle A., donnant ce conseil. On se croirait dans un Dumas, un Pardaillan, le tournis de la page – joli petit page doré, avec ou sans pyjama.

–Deejee : Aujourd’hui, on ne parle plus du » YDIT-BLOG » ( fini! ) mais je lis dans le métro un roman romanesque, pas la peine de dire quoi, un polar prêté par GIL, le viel ami, ça trainait
sur son bureau lors du week-end
dans leur maison de Bourgogne. Diversion. Mais, dans le TGV retour de Bourgogne, Patrick Boucheron, j’ai lu. On a le temps, parfois, en Bourgogne. 
La « catastrophe » – pour l’historien, ce n’est jamais une courte et violente surprise. C’est une longue mise en place, une série d’avertissements non entendus, ou rejetés par déni. Le « déni » honn i par les psy et filtre indispensable à la désespérance quotidienne, pour certains.Tous ces « dépassements » qui se succèdent et s’accumulent. Le Temps déborde, comme la haine. On y est.-
Mademoiselle A. proteste un peu : « On n’avait pas dit LEGER/LEGER ? » Et aussi : rien que le futur du présent?
Deejee réplique par une lecture. Mademoiselle A., ça l’amuse peu, mais on voit qu’elle écoute :
(référence à un livre Boucheron/Riboulet 2015, « Prendre dates », Paris, Lagrasse, Verdier, cité par Boucheron dans son essai de « Libelles « 2023). Mademoiswelle A. trouverait ça pédant? C’est juste précis.
« Je note tout cela, certains jours je commence à trouver que ça pèse, je me dis qu’il se pourrait bien que ce soit ça, finalement, ce que les livres d’histoire du secondaire nommaient » la montée des périls » pour désigner, avec leur confortable recul, les années 1930 en Europe.
Il y a beau temps que je me demandais ce que ça pouvait bien faire au corps, au coeur et à l’esprit de vivre une période où d’une année à l’autre tous les signaux passent au rouge : est-ce qu’on s’en aperçoit, est-ce qu’on en prend la mesure, est-ce qu’on y pense, est-ce qu’on en rêve, est-ce qu’on est malade, est-ce qu’on se laisse prendre par surprise, est-ce qu’on se sent condamné à l’impuissance, est-ce qu’on décide d’agir, mais alors on fait quoi, est-ce qu’on pense à partir, si on peut, et quand ? »
Mademoiselle A est devenue presque studieuse, mais elle se sert à boire. On ne sait pas quoi. Un machin pour se patienter? Partir où? Au père Lachaise? Pour une balade de verdure ? Un carapatis entre les tombes, si pathétiques parfois par leur boursoufflure ?

Et aussi :
» Alors que fait-on maintenant ? Quand souffle sur le monde un vent si mauvais, la tentation est forte de se mettre aux abris. Et on le doit, sans doute, afin d’inventer les refuges où la pensée rend inexpugnables.
Confiants dans les institutions, aveugles à cette obéissance anticipée de leurs dirigeants qui finit toujours par rendre les institutions accueillantes à ce qu’elles sont censées prévenir, les intellectuels réagissent fréquemment avec un temps de retard (…)comment organiser son pessimisme pour ne pas désespérer du temps qui reste, comment prendre sa part des combats à mener…?« (p.58).

Au détour- et je ne quitte plus ce quartier sauf pour y revenir dans l’espoir de nouvelles affiches, de nouvelles plaques de commémoration, comme la mémoire de « Chez Fernand » , 17-19 rue de la Fontaine au Roi, ou cette fresque citée dans l’un des livres que je commence à lire. Jean Braire, « Sur les traces des Communards« , y discute l’endroit de la célèbre (et imprécise) « dernière barricade »: « Celle-ci, située à l’angle des rues Ramponneau et de Tourtille, est considérée comme le dernier bastion de la Commune ».

Rue Ramponneau, à ce jour en partie mangée par le Parc de Belleville, mon arrière grand’mère y vécut. Arrivée du Bordelais. Elle s’en est enfuie ? Avant les barricades ? Ou au bras galant d’un fantassin du 11 ème d’infanterie, ajustant le corps à corps de la répression aux cheveux blonds compatissants de l’aïeule : on a un peu moins violé à la fin de La Commune que pendant le « Libération-Occupation » de Berlin par les troupes soviétiques, mais on a ouvertement fusillé. Sommairement.
Son mari, à l’arrière grand-mère, d’où je viens, n’a survécu, lui, que peu de jours à ses blessures, reçues dans l’uniforme de la Garde Nationale, branche « légale » des forces révoltées dans la Ville/Commune. Mais quel bord de « La commune » (que traversaient d’immenses discordes d’idées )? On n’a jamais des anciens aussi propres qu’on voudrait. Pour ça qu’on reste à sa place.
Son acte de décès, au garde national, indique l’hopital du Faubourg saint Antoine, fin mai 1871. Drôle d’endroit pour un décès ( voir « YDIT BLOG », la mort de Marcel Malbée). N’importe : comme ça, Deejee peut s’imaginer un ancêtre véritable, probablement bléssé à mort par les Versaillais, en 71.
Quand on habite Belleville, ça pose son homme. 
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Didier JOUAULT : Deejee-PAP-75 à partir des échos tendres. Le Temps qui presse, fin / Episode 7 : On n’avait pas dit « Léger/léger? »

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