Les après-midi de l’I Phone. Des actrices en short et en vitesse.
TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTES
Il est conseillé – pour les mises en page, de cliquer sur » lire sur ordinateur ».
Les Après-midis de l’I phone, dans la rue on entend Paul et Claude, main dans la main, poête et musicien, pour le plaisir de la clarinette ou d’une patience dans l’azur, celle du papillon-mémoire. Illustrations faciles du présent passant. « On ne parle que du futur de ce présent », disait Mademoiselle A.
Mademoiselle A. observe aussi ceci : en écho à la suppression de contenus lors d’un épisode précédent (contenus en partie rétablis gràce à des ruses de republication) ( voir le post imprévu signé Linkedin, » AVEC NOS EXCUSES »), ce présent post s’amuse – avec impertinence- à frôler les limites : évidemment, toujours pas de sexualité ( pas ici, bien sûr ! ), mais des NUS « maquillés », en nombre…et sans ombre.
DeeJeePap75 dit : Un matin, j’ai retrouvé Serge, que le vent de la mémoire poussait vers notre table. Il lisait « W ou un souvenir d’enfance ». L’autre fois, J’ai vu Gil, entre les mains le texte d’une pièce de Pinter. Un soir j’ai croisé Michel, dans les réunions d’amis convoqués pour un travail. Il avait son violon. Mais il y a plusieurs Michel, l’autre fredonnait « l’Aigle noir ». Un jour, j’ai rencontré André, dans le hall du Grand Siège, et il portait un tableau récemment acheté à Drouot. Un après-midi, j’ai retrouvé Alain, qui revenait d’un colloque à Naples. Et puis aussi ceux qui sont hélas trop loin, Jean, au pied de la cathédrale Saint Julien, Jean-Michel qui réfléchit en cueillant les crevettes… Et je n’ignore pas ceux que la lumière du temps a mis dans l’ombre de la toile, Marc, Jacques, François- un peu aussi peut-être ? Maurice, Henri,...Et comment nommer ceux que j’oublie ? Ceux qui m’ont connu sans que je les voie? «


Mademoiselle A. qui s’amuse : « Vous imaginez un concert de conserve ? Un rêve de fièvre avec défilé à poil de leurs corps peints comme pour un fervent rite africain ou un stupide jeu de plage naturiste? Ou un tableau de genre et de groupe dans une galerie de la rue du Temple ? » 
DeeJeePap: « Les galeries, surtout un peu vides, on y entre un peu comme par habitude, on y reste -pensif-devant l’absence, devant le cru des couleurs et le nu de l’esprit, on se demande – mais lentement, doucement, rien de presse ni ne crisse, – si la nudité générale de chacune et de tous ( musées, photos, images publiques ou intimes…), la nudité autrement dit : la narration/ l’écriture, ne forme pas la seule frontière posée entre l’intériorité pure de la solitude et le spectacle toujours un peu menteur de l’en commun ?.. »


Mademoiselle A. : « Les terrasses de cette saison, Mésanges, Rigoles, Cascades, Fauvette, Zénith, depuis un an ou presque voici qu’on y revient, après de longues déambulations joyeuses dans Belleville ou les marches effrayées dans l’histoire de la commune . Et, je crois DeeJePap, que survient de nouveau la question : » qu’est ce que je fais là ? »

DeeJeePap : « Oui, mais je regarde les comédiennes d’Avignon-Festival qui vont de table en table, sur les terrasses que le soleil enjolive. Je les vois qui apprennent leur texte sur un rocher bien taillé, tandis que de vieux acteurs, peu rasés, ensemble s’époumonnent à jouer en ayant perdu les cartes de la présence, et pipé les dés du texte. Une épuisante dualité du regard : entre la tendresse immense qu’éveille l’enthousiasme,
et l’agacement coléreux dû à ces pathétiques grincements du vide sur des riens. »

En résumé, si j’étais un peu déprimé car il fait trop chaud et trop nuit : dans les soirs, qui commencent parfois au début de l’aube, des acteurs en froc peignent leurs rôles sur des murs sombres que traversent des actrices en short et en vitesse.

Mademoiselle A. Formules ! Vous aimez trop les mots et vous parlez comme si vous étiez en train de fermer les dernières pages d’un immense livre que vous aimez. Pensez plutôt à tous ces Incipit que la clôture de ce livre, enfin, libère, approche, offre, et vous invite à découvrir. INCIPIT : possible!
comme un astronaute sur terre
Et ce n’est que la saison V, cette nuit. A venir, demain, la saison VI, TYNE et GEDEON le Sénateur. On va se marrer, non ? Du noir et du blanc, de la jeune femme et du vieux professeur, des temps passés jolis comme des souvenirs d’été, drus comme des érections matinales, colorés comme des murs dans la ville populaire, tendres comme des petites filles qui marchent à quatre pattes vers la porte du jardin.
DeeJeePap répond qu’il pense surtout à ces moments proches où – comme à chaque fois- la disparition ( même décidée) est une blessure. On ne verra plus -donc- Mademoiselle A. qui ose et pose, qui fait pause et cause? 
Elle, que tout cela commence à tout de même agacer un peu ( et puis, c’est très loin du contat d’origine!) , elle lui confirme : le chaud et le soir le dépriment, on va en rester là, mainenant, avant qu’on s’ennuie et soit contraint de quitter la salle tandis qu’un bredouillant acteur , en scène, persévère dans l’exploration de la fin.
__________________________________________________________
Didier Jouault pour : DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 49 , Fin de saison moins 3. Les après-midi de l’I Phone. Des actrices en short et en vitesse.

Laisser un commentaire