DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 50 , Fin de saison moins 2. D’ici à encore ici, BELLEVILLE, les pauvres, c’est de l’espèce des persistants. Fragment 2 sur 4

On revient toujours à soi-même prétend Mademoiselle A, c’est-à-dire à vous DeeJeePap, même si- dès le départ, depuis notre rencontre il y a presque un an au musée, c’était du monde ( donc de Belleville) qu’il s’agissait bien de parler.

On la sent nostalgique.

Elle aima cet après-midi d’origine : elle traversait une exposition, s’arrêtait devant un tableau. Elle et DeeJeePap se connurent alors, et alors ils oublièrent dans un couloir ceux qui les accompagnaient (ou qu’ils accompagnaient?),et dehors fut conclu ce contrat, dont l’achèvement prochain l’attriste, l’agace, l’incomplète ? ( IMAGE du début).


Mademoiselle A se dit ( nous pensons qu’elle se dit) n’avoir pas dévié de leur projet, aussitôt élaboré : pose et pause, cause et côse. Ce lien inexplicable et puissant de l’image que pénètre l’écriture ( et inversement), depuis cinquante épisodes ( à l’épisode cinquante-deux, on descend du train, c’est la prochaine gare, le 22 août, puis le temps juste de ranger les wagons, et on disparaît de l’image).

Jusque là, dans chaque épisode, fidèle et imperturbable, masquée d’autres silhouettes, ou encore la nudité vétue à peine de trois mots, MademoiselleA. toujours présente. Pour la vie et la ville, la vue des jours et le BELLEVILLE du temps.

Et même, une fois, les honneurs d’une censure incongrue, « Vous ne respectez pas les rêgles de la communauté ». Décision amusante d’une Intelligence Artificielle trop légère pour que son regard, juste sous tel groupe de lettres bien ajusté, perçoive ce qu’on a laissé, à dessein, dépasser du dessin d’une intimé : fragment du sexe, élément du centre, que le lecteur-lui- a su retrouver. Mais ce n’est jamais, au fond, qu’une façon de se hausser un peu sur la pointe des pieds, pour savoir comment passe le temps, et comment c’est? Comment y inscrire la lettre du mot peut ajouter une lumière sur le déjà-vu et cependant toujours à voir ?

Mademoiselle A. : le « nu lettré », « le nu vu et voilé », c’est là votre signature de chaque post (à tel point que, le jour de la censure, la personne plus proche de vous s’est amusée, goguenarde : « Pour une fois qu’une paire de fesses n’apparaîtra pas dans un post de deeJeepap ! ». Mais vous avez promis un ultime post très …illuminé d’illustration?

Deejeepap : retournons en effet au vif de ce propos, comme on dit dans les amphis. Je reviens pour un temps, vous l’observez, à la fois au JE de ma personne première, et au vif des jours banals – écartés ( tenus à l’écart de la marge) de l’écriture, cette manie maline qui dévore tant de temps. Je me prépare au silence de la maison de retraite : où l’on fait retraite.

Alors, en déambulant, surgit enfin le temps de lire les murs de BELLEVILLE.

Pour cela, une histoire, la dernière.

( on ment, ce n’est JAMAIS possible de raconter la dernière)


Dans un village du sud où je suis souvent allé, un village que les trois plus proches de ma famille ( famille ici volontairement toujours absente), un photographe amateur ancien a su, en son temps, saisir le vrai des vies et le fond des relations.

Les débuts de la photo de rue et de groupe – puis les cartes postale Noir et Blanc – ont fixé des milliers de visages, comme cette barricade au bas de la rue de ménilmontant en 1871, ou des centaines de personnages devant leurs vitrines, au milieu de leur trottoir, au creux menteur de leurs activités, soudain comme vitrifiées par la pause qu’exigait la technique. Sur les cartes postales supposées offrir le réel, tout le mond pose et ment. Mais c’est peut-être cela, aussi, le réel quand on se met ensemble ?

Dans ce village du sud, parfois, l’opérateur ( à qui un musée est dédié) réussit ce qui advient tant d’années plus tard : traduire en image, malgré les temps de pose, la profondeur intime des relations entre ceux qu’on regarde sur l’image ( vous aurez noté qu’il n’y a rien de plus faux et menteur que les images de mariage ou de fiancailles : probablement, ces gens qu’on voit en noir et blanc s’aiment, à leur façon, ou à la façon de l’époque, mais pas au moment de la photo) .
ici, au mur de l’église – comme partout démesurée en regard de la foi qui subsiste – des photos imagent ce qui doit être une sortie de messe.
A regarder, lentement, comme d’habitude, les visages, les postures, les habits, toute la sociéte se dévoile.

Au milieu, content de lui, rasé nettement et habillé richement, regard confiant pour lui-même et l’avenir, le Maître. Un maître. une recherche l’identifierait, lui donneraît un métier une fortune, de la puissance, sa fonction de maîre peut-etre ?( Mais le maîtres sont rarement maires, ils ont mieux à faire et il existe des substituts pour ça).

Des filles, propres et pouponnes, l’entourent, bénéficiant de la lumière de son ombre. On n’imagine pas un jeune pauvret se poussant sur les orteils pour voir de loin à quoi ça ressemble et comment c’est. Simplement, cela ressemble à ce qu’on voit : satisfaction d’être ceci même qu’on expose, sur l’image ( et dans le village, où on devine la famille habitant la superbe maison juste à la sortie, on y joue au croquet dans le parc, bonjour Alice) : les puissants. Inutile d’en discuter. Le pire de tout : cette jeune fille, auprès du Maîte, son regard d’arrogance,

un visage qui déjà méprise,

et ( proche des deux viuex paysans)une plus jeune, pauvresse aussi, qui regarde vers la jeune fille. qui ne s’interroge pas déjà sur la profonde injsutice de l’héritage qui n’a pas d’autre source que le ventre et le vide.L’héritage, la plus violente des lois de l’inéquité.

Ailleurs ( et c’est le même village de cette superbe photo qui résume et transperce la société de ce temps là, notre société maintenue sous d’autres formes ), les pauvres, inutile de raconter. L’homme. la femme.

Tout dit comment c’est, leur vie au service du Maître ( celui-là, un autre), la pauvreté quotidienne, l’incertitude non pas seulement du lendemain, mais de chaque instant, y compris de l’orage qui va gronder sur les vignes du Maître, par avance mécontent.

Leurs yeux sont des miroirs d’un ciel vide et triste. Ce qu’on peut y trouver est une impression réduite à l’ombre : l’inquiétude. La peur. La peur que ce soit encore plus difficile. Encore plus maladif, fragile, enveloppé de faims mal éteintes. On pourrait, là aussi, chercher à connaître leurs noms, leur vie. Aucun risque à parier que leur nom ( le père, sur la photo, le fils plus loin ) est gravé sur le monument aux morts du cimetière…

Ceux-là sont un jour partis du village. Les miens provenaient du pied du Cotentin, la terre molle et puant la bouse autour de Vire et Mortain.

Arrivant à Paris, fin XIXème, ils ont vécu dans les quartiers des pauvres, ces arrondissements d’alors (selon la date) communes indépendantes de Charonne ou Belleville. Je retrouve leurs adresses sur les documents d’Etat Civil.

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Didier Jouault pour : DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 50 , Fin de saison moins 2. D’ici à encore ici, BELLEVILLE, les pauvres, c’est de l’espèce des persistants. Fragment 2 sur 4

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