Deejee-PAP, à partir de 75 ans les échos tendre du temps qui va : épisode 17 la kiné est bien cachée

Au réveil, restent des effluves et traces de rêves autour de blessures au cours d’un match de ping-pong ( reminscences absurdes d’un film vu la veille). ( on ferait mieux de retrouver les formes révées et songeuses d’un autre film, « Au-delà de Katmandou » précieux et superbe).

Mais décidemment le rêve, casse-pied, n’en fait qu’à sa tête.
« Tout ça , dit Mademoiselle A, parce que vous avez Rendez-Vous chez la kiné dès 8h30? Tôt, il est vrai, pour un couche-tard. Toujours l’épaule? »

Rien à plaindre. Par hasard- déjeunant avec deux autres chez lui, j’ai découvert que Michel a été contraint à l’installation d’une prothèse, lui, là, l’épaule.

Mademoiselle A.- qui ne détient de tout ceci qu’une connaissance extérieure- s’étonne : « Michel ne peut plus jouer du violon? »

DeeJeePap : –Michel, un temps, ce fut un peu comme Martine ou Sylvie. Des Michel, des amis, il y a le Violoniste- pas lui cette fois- et Michel de Dunkerque, et Michel le vieux frère. Toutes nuances dont Mademoiselle A. ne tire qu’un savoir sans substance ni durée, on se croirait perdu sur un réseau social.

8h25 : la kiné est bien cachée. La première fois, sens de l’orientation comme toujours défaillant, DeeJeePAP fit trois tours du pâté de maison avant de découvrir, en retard, la sonnette. Mais la kiné jamais ne s’agace. Elle arrive tard, de loin, mais à temps. Elle finit une grosse tasse de thé pendant qu’il se deshabille. « Je dois vous prévenir, une séance peut exiger que je descende bas sur votre colonne et que vous deviez alors être en sous vêtement. Je conseille un caleçon plutôt souple. »

Mademoiselle A : « Et quand elle manipule votre épaule, vous demande de tourner la tête à gauche en tirant la langue à droite, ça ne vous fait pas sourire, aussi ?« 

Elle travaille le système-corps, elle est assise sur son tabouret ( qu’elle déplace en gromellant un peu) et saisit de pleine force le torse nu, se colle contre le dos, attaque en puissance la colonne vertébrale. Aussi le cou, l’épaule, tirée en arrière. C’est fatigant.

« Je vous ai observé, prétend Mademoiselle A.( dont la critique mutine peut se faire coquine) : quand elle agrippe votre épaule, torsionne doucement votre bras, se penche, enveloppe, étreint, votre main droite – malgré elle, et vous – se trouve soudain, dans l’interstice de la blouse courte, posée en l’air à trois menus centimètres de la commissure du jean’s, car le travail et le tabouret ont écarté les cuisses à quatre-vingt dix degrés. « 

DeeJeePAP : Espace de soin. Il n’y a pas de salut ni de soin sans la présence du corps et la proximité du désir ( ici absent) et que voulez-vous qu’on y fasse ?

Mademoiselle A : « Rien, vous restez élégant et discret. Surtout en caleçon écossais.« 

Un quart d’heure plus tard, après un déséquilibre complexe du torse, votre main se pose à plat, deux secondes sur sa cuisse. Vous vous excusez aussitôt. Elle sourit, sans interrompre la torsion, et dit  » Je vous en prie » – au lieu de : « Ce n’est rien ».

Mais il n’y a pas de psychanalyste dans ce cabinet.

.

Ensuite, DeeJeePAP 75 rejoint l’ami oublié puis heureusement retrouvé vingt ans après (on dirait un roman, ou un autre) , Alain.

Ils s’asseyent dans un coin paisible de ce resto devenu habituel.

DeejeePAP75 le regardant : « Tu es toujours aussi élégant. Gilet de laine fine, jaune, veste de bel ouvrier tweedé, gapette colorée »…

Alain rit, et dit qu’il n’y pense pas, le matin, et que, DeeJee75 aussi, est un « sociotype » incontestable, exhibé dans ce quartier jadis ouvrier, Paul Bert, DeeJeePAP-75, avec ses pulls de cashmeere ras du cou sur une chemise blanche ou bleue à fines rayures, son look de vieil universitaire oxfordien sans cravate, et même pas bisexuel, ni bilingue en Sophocle… »Je parie même que tu portes des caleçons écossais ».

Ensuite, on commande, pour se rendre malades, des oeufs mayo et du foie de veau purée au beurre. Déjeuner d’amis – si anciens ou plus neufs – la fête à ving-deux balles, il est urgent de raconter ce qui ne presse pas. La fête à la rue.

Vas-y les Soixante-Quinze du 75.

A un moment, Alain évoque sa prochaine entrée en clinique, le remplacement d’une ancienne tige métallique gagnée elle aussi par l’ancienneté.
Mademoiselle A : « Si on vous laissait achever la journée, ça ressemblerait à un prospectus publicitaire pour « les Diaconnesses« .

DeeJeePAP-75 :  » A ceci près, que tous ceux présents parmi ces posts écrivent, peignent, font de la musique ou de la philosophie dans un bel entrain, voyagent, fréquentent les salles de sport et les galeries, des femmes et des amis, marchent vite en montagne. »

Parce que, dans le restaurant du quartier, au moment de l’espresso, ils touchent (exceptionnellement) au sujet de leurs amours, celles du sourire et du désir – Alain est connu pour la séduction à hauteur de son audace- l’ami des pulls jaunes et des gapettes répond, et l’on perçoit son vif regret :  » Non, pas d’histoire nouvelle, et pas de volonté de séduire à nouveau : imagine, lorsqu’ elle verrait pendre au matin mes pauvres vieilles fesses. »

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Didier Jouault, pour : Deejee-PAP, à partir de 75 ans les échos tendre du temps qui va: épisode 17 la kiné est bien cachée, temps venu de glorifier la pénombre.

5 réponses à « Deejee-PAP, à partir de 75 ans les échos tendre du temps qui va : épisode 17 la kiné est bien cachée »

  1. Avatar de michelperrard
    michelperrard

    Cher DJ

    Je porte une prothèse cardiaque qui.ne m’empêche pas de jouer du violon …

    J’ai aussi eu l’épaule fracturée au ski (en 3 morceaux) mais 6 mois de rééducation avec UN kiné barbu m’ont permis de rejouer

    Fais-en part à mademoiselle A

    Amitiés Michel (un des)

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    1. Avatar de deejeepap

      Cher Michel, heureusement, je ne connais pas tous les ( grands) malheurs des amis chers – surtout s’ils sont discrets, les amis. Quant au genre du kiné, l’essentile reste tout de même qu’iul n’ait pas maiva

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    2. Avatar de deejeepap

      Cher Michel, Heureusement, je ne connais pas tous les ( grands) malheurs des amis chars, surtout s’ils sont discrets, les malheurs. Quant au kiné, l’essentiuel reste touyt de même qu’il ne l’ait pas mauva

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    3. Avatar de deejeepap

      Cher Michel, heureusement, je ne connais pas tous les (grands) malheurs des amis chers, surtout s’ils sont discrets, les amis. Quant au genre du kiné, l’essentiel reste qu’il ne l’ait pas mauvais…

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