DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 47 , Fin de saison, moins 5 : survenir en l’ignorant

Les Après-midis de l’I phone, dans la rue on entend Paul et Claude, les auteurs de l’après-midi, main dans la main, ,leur nom fini ar le même Y, pour le plaisir de la clarinette ou d’un vers « patience dans l’azur », celle du papillon-mémoire. Illustrations faciles du présent passant.

Mademoiselle A. le prétend, les images du I Phone – après-midi léger ou nuit pleine- sont trop souvent mobiles et répétées- pour que l’image n’en devienne pas brouillée. Les ultimes fragments de la présente « saison », comme dans une ville d’eau, ville d’os, et de concerts, de conserve, progressivement s’épanouissent, s’épaississent et disparaissent sans rumeur ni tumeur : souplement. C’est du copié-bougé. Paisible. Mélanges.

Mademoiselle A.- qui connaît son propre effacement proche – est solidaire, mais revendique : « Avec vos textes, maintenant, DeeJeePap, On se perd dans les lieux, les récits, les longueurs, les déambulations du narrateur indifférent aux chronologies, dit-elle. Au lieu de rester là, ici, posés, en attente, paisibles dans l’azur. On ne serait pas bien, immobiles dans l’azur, ici, si? «  Mais, ici, sur la fenêtre entrouverte de l’I Phone, on apprend de nouveau que Julie est morte. Plusieurs annoncent cette vérité unique. Elle n’en reste pas moins unique. A chaque fois la surprise. On croyait que les autres, au moins, ne meurent pas.

DeeJeePap l’admet : voiture, amis, trains, visites, promenades festivals et voyages, on remue sans cesse. Comme les shakers des bars chics d’antan, mais le breuvage est sans surprise. Les images s’accumulent, saturent la mémoire de l’i Phone. Paris, Normandie, Paris, Avignon, Paris, Perche, Paris, Berry, Paris… Mais c’est vrai que, vers la fin (de la série, et pas seulement), l’envie devient permanente de, toujours, en faire davantage : davantage de tout. .

Sur l’étagère, pour un travail commandé, les tranches bleu-blanc de Minuit : Elle, Duras, Marguerite (de son premier nom Donnadieu, et c’est déjà trop dire) Elle, dans l’obscurité du récit fatigué comme de sa mémoire éteinte, elle attend que Yann revienne et se mette à crier, avec les bouteilles de vin, le vin rouge, épais comme la nuit, pour la nuit (Yann, lui, sait à quelle distance on trouve l’épicerie tardive de Trouville où se vend de quoi surnager à l’épaisse marée de la nuit- car l’absence du vin leur paraît encore pire que la glu des soirs).

Mais Yann n’arrive pas, l’aube arrive, et l’on apprend de nouveau que Julie est morte.

Mais Yan n’arrive encore pas, le soir survient de nouveau, et l’on apprend toujours que Julie est morte. Plusieurs annoncent cette vérité unique. Elle n’en reste pas moins unique. A chaque fois la surprise. On croyait que les autres, au moins, ne meurent pas.

Cela ne calme pas la tempête de vivre, sur la plage, d’encore de plus près regarder les sauts un peu absurdes des puces de mer, que l’aube déçoit : Yann ne revient pas, et ce matin, ou ce soir, plusieurs l’annoncent, et l’on sait que Julie est morte.

On la connaissait depuis des années, la voisine du Cinquième, bavardages, légers diners, rencontres, livres, humour, culture. Peu de mois après les re-confirmations du diagnostic définitif, Julie avait- secrêtement, sauf pour de rares visiteurs- complètement cessé toute forme de traitement, hormis celui que forme toujours l’échange simple et bavard de la vie quotidienne. Pas la peine. C’était assez. Tout était devenu assez. On apercevait bien, à sa posture dans l’escalier, qu’elle portait la poche de morphine accrochée à sa veine, entre autres poches qui recevaient les humeurs du temps et les oublis que son corps ne retenait plus à lui-seul.

Les jours suivants, sur la plage, ( dans son souvenir, sur la plage, car il n’y a pas mis les mains depuis quarante ans), DeeJeePap continue l’application des remèdes : marcher, libérer les formes généralement aériennes de l’endophasie, savoir que les plis de l’océan, jamais, n’aboliront les étranges sauts des puces de mer. Elles bougent, nul ne sait pourquoi, elles bougent.

Sur le port, que trop de promeneurs privés de mots visitent comme une cave à dégustation dont les vins seraient éventés, les engrenages et les silhouettes parviennent encore à postuler que

le mouvement est possible. .

En marchant, vers l’aube, on dépasse les malicieux détournements visuels d’un peintre qui fait de la tendresse avec de la guerre, sur les pans effondrés du vieux béton bunker. Au retour, DeeJeePap lit les cartes concurrentes des deux seuls restautants posés sur le quai.

La vie : les différences. Celle qui l’accompagne et lui s’invitent mutuellement à déjeuner à chacune des tables, ce soir, demain..

Depuis le haut des falaises, ensuite, on perçoit mieux le vertige de vivre, et le bonheur de poser tout de même les grosses chaussures sur l’étroit chemin de cailloux sableux. .

Peut-on gravir les courants ascendants de la mémoire pour descendre sur l’histoire? Et se poser sans mal sur un clavier de béton?

Le regard de ce qui a passé toujours observe ce qui pourrait venir, parmi les débris de la mémoire, solitaire ou partagée- ce qui pourrait survenir et qu’on provoque en l’ignorant. .

Ici, aussi, sur la côte normande, Julie traverse les souvenirs de son pas lourd, elle regarde et nul ne peut dire si elle voit encore ?

Dans la valise rouleuse, subsistent quatre minces livres, liseré bleu, couverture blanche, étoile collée à m.

Au café, assise, elle regardait DeeJeePap, qui attendait. Au présent : qui attend, sur une autre terrasse. Nulle urgence désormais, ou -plutôt- tout serait urgent, si l’on croyait à la nécessité du temps. Quatre livres, liseré bleu, couverture blanche, étoile collée à m.

« L’homme assis dans le couloir« , Incipit :  » L’homme aurait été assis dans l’ombre du couloir face à la porte ouverte sur le dehors« . page 15 :  » « Les yeux toujours fermés, elle lâche la robe, ramène ses bras le long de son corps, dans la coulée de ses hanches, modifie l’écartement de ses jambes, les oblique vers lui afin qu’il voie d’elle encore davantage, qu’il voie d’elle encore plus que son sexe écartelé dans sa plus grande possibiilté d’être vu, qu’il voie autre chose, aussi, en même temps, autre chose d’elle,… »Fin : « Je vois que l’homme pleure couché sur la femme. Je ne vois rien d’elle que l’immobilité. Je l’ignore, je ne sais rien, je ne sais pas si elle dort.  »

« La maladie de la mort« , Incipit :  » Vous deviez ne pas la connaître, l’avoir trouvée partout à la fois dans un hôtel, dans une rue, dans un train, dans un bar, dans un livre, dans un film, et vous-même, en vous, en toi, au hasard de ton sexe dressé dans la nuit qui appelle où se mettre, où se débarasser des pleurs qui le remplissent« . Fin : « Ainsi cependant vous avez pu vivre cet amour de la seule faon qui puisse se faire pour vous, en le perdant avant qu’il soit advenu ».

Plus tard encore, on retrouve la petite maison où l’hôtesse a multiplié les signes d’accueil et les touches d’amitié. Il n’y a rien à montrer de cela, indispensable et cependant non imaginable. Encore un message, le dernier :  » Savez-vous que julie est morte ? »

Quelqu’un dit que DeejeePap devra, sans doute, remplacer l’un des épisodes erratiques de la fin de saison, déjà écrit, pour un autre texte, un texte un peu comme pour Julie. En ouvrant le vin du soir, le blanc sec de fin de saison, une autre parmi les convives dit que les bouteilles commencées doivent être bues rapidement, sinon elles virent vinaigre, avec cette chaleur.

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Didier JOUAULT , pour : DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 47 , Fin de saison , moins 5 : survenir en l’ignorant

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4 réponses à « DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 47 , Fin de saison, moins 5 : survenir en l’ignorant »

  1. Avatar de RédacBis
    RédacBis

    cher Didier

    Pourquoi cette «censure»? 1/ la visiteuse du musée a fait valoir son droit à l’image? 2/ le Louvre a fait valoir son droit sur le tableau de Courbet 3/ un.e lecteurice t’a fait comprendre que cela ne se fessait pas d’exhiber de tels séants même entrelardés de frêles textiles?

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    1. Avatar de deejeepap

      Le sam. 25 juil. 2026 à 17:52, DeeJee-PAP : à partir de 75 ans échos

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    2. Avatar de deejeepap

      Cher Marc, ce questiponnement m’aait échappé,et – aujourd’ui ( au fond du Luberon) l’écran de mon ordi à son tour fait de la censure( carta gaphiq atteite d’hyperthermies sporadiques- du coup je ne vois qu’en partie ce que j’écris pour te répondre…La visiteuse- pas pls que les autes, aurat pu – par de longs méandres à feibl erendement- demander que je supprime son image ( et celle-là seulement). Donc, pas elle. Arsène Lupin ne voyaitpas asez de valeur, ni fantômas de mal à faire, donc ils ne se se sont pas dérangés;. Certes, des lectrices ( dont amies) m’ont fait observer que j’avais une nette tendance, textle à peine, à user du nu  » trop peu respectueux – mais ( avouons le ) des lecteurs ( dont amis) ont osé exprimer l’idée que cela ne nuisait pas à keur fidélité( au blog!) , on a les amis qu’on mérite. Les ciseaux furent donc actifs à propos d eux images , sans doute : de dos, deux jeunes norvégienne en bikini serré, sur un coin de plage au coeur même d’Oslo, tout près de l’opéra et du musée Munch ( la plage du port, neuve,sur le fjord, juxtapose baigneuses légères et lourds traideurs en costume sortant des bureaux inspiré de Boucher,voisins, sous le ragard amusé du visiteur de musées ). Une autre, à vrai dire, la photo d un nu en effet inspirée de Boucher, avait opportunément été « caviardé « par un lettrage- quoi que ce lettrage permît toutefois malicieusement de ne pas cacher une part de ce que la photo expose- si l’observateur agrandit. CENSURE ? Je m’en sui sorti en republiant exactement la même s »quence après avoir supprimé les odieus et litigieux attetats à la pudibonderie ambiante,ensuite de quoi,j’ai  » fait appel » auprès du  » médiateur » qui- peu intelligent si artificiel, et trop hâtif si humain, a ( je pense) revu le post( version bis expurgée), avant de s’excuser. Je souris encore de cette petite manevre. Une fos encore: je ne vois que la moitié de mon texte- ça ne le rend pas  » surréaliste » mais j’espère qu’il reste cohérent. Amitiés, en attendant un plaisir de bavardage. DJ

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