DeeJeePap, les échos tendres du 75 effacés, cependant avec les arrêts de jeu ou « Adieu Berthe »,(et même Mademoiselle A. »). Séquence …ULTIMA !

Ultima.

Dans ce village du sud, parfois, l’opérateur ( à qui un musée est dédié) réussit ce qui advient tant d’années plus tard : traduire en image, malgré les temps de pose, la profondeur intime des relations entre ceux qu’on regarde sur l’image ( vous aurez noté qu’il n’y a rien de plus faux et menteur que les images de mariage ou de fiancailles : probablement, ces gens qu’on voit en noir et blanc s’aiment, à leur façon, ou à la façon de l’époque,

mais pas au moment de la photo) .
Fin d’été, fin de la  » SAISON  » DeeJeePAP 75 ( 75 : déjà fini).

Mais la mémoire d’un lieu toujours grignote l’oubli du temps.

Ici, au mur de l’église – comme partout démesurée en regard de la foi qui subsiste – des photos imagent ce qui doit être une sortie de messe.
A regarder, lentement, comme d’habitude, les visages, les postures, les habits, toute la sociéte se dévoile..

De loin en loin, parfois devenus petits, les maitres font encore de nos jours la devanture de la société en parcourant les brocantes : les arrière-petites-filles des paysans, parfois, y revendent les fragments de leur passé pauvre, trouvés dans une armoire, nuit de funérailles..

Jolis décors sur les cheminées des mas de campagne, gaiment restaurés pour les amis de l’été, invités au festival de chant purpurin-pâle que donne l’abbaye voisine..

Des Parisiennes en goguette et casquette, même pas en levrette le soir, font des emplètes complètes et guettent le « dessus de cheminée » qu’une fausse arrière petite-fille, brocanteuse, leur vend au prix de son mensonge.

Le  » dessus de cheminée » est une ancienne photographie – signée d’un amateur par ailleurs notaire- enfermée par un cadre en simili acajou. Mais la Parisienne achète, pour le petit salon de la maison de campagne. La photo : couleur locale. On décapera l’acajou. C’est plus chic.

La photo .

Au milieu de la vieille photo, quel que soit le cadre : au milieu, content de lui, rasé nettement et habillé richement, mocassins et paille en tête, regard confiant pour lui-même et sur l’avenir, au centre de la société présente : le Maître. Un maître. Une recherche l’identifierait, lui donneraît un métier une fortune, de la puissance, sa fonction de maîre peut-être ?( Mais le maîtres sont rarement maires, ils ont mieux à faire et il existe des substituts pour ça).

Des filles, propres et pouponnes, l’entourent, bénéficiant de la lumière de son ombre. On n’imagine pas un jeune pauvret se poussant sur les orteils pour voir de loin à quoi ça ressemble et comment c’est. Pour lui, le parcours est fondu au noir (même si, exception, il échappe au bain de l’obsur).

Simplement, tout cela ressemble tant à ce qu’on voit : satisfaction d’être ceci même qu’on expose, sur l’image ( et dans le village, où on devine la famille habitant la superbe maison juste à la sortie, on joue au croquet dans le parc, bonjour Alice) : les puissants. Inutile d’en discuter. Le pire de tout : cette jeune fille, auprès du Maîte, son regard d’arrogance,

un visage qui déjà méprise, un visage qui déjà se croit au Ritz en 1941, pour les fêtes rigolotes et très « select » avec Guitry, Chanel, Arletty, Cocteau, et les généraux allemands du  » Grand paris »

et ( proche des deux vieux paysans) une plus jeune, pauvresse aussi, qui regarde vers la jeune fille, ou plutôt vers l’impavide Maître, toujours trop sûr de lui pour condescendre à marquer une arrogance (trace rédisuelle d’une prise en considération qu’il a oubliée),

la jeune fille pauvre, dont le regard porte étonnement et curiosité, mais qui sera si belle toutefois dans l’oeil paisible d’un photogaphe, plus tard, un homme de l »Europe arrêté au bord d’un sol privé de savoir comme d’identité, et l’on voit encore ( dans une exposition de rencontres photographiques au Sud) le visage qui ne s’interroge pas déjà sur la misérable et profonde injustice de l’héritage, fortune sans autre source que les ventres conjoints … et le vide de l’Histoire ou le trop-plein du récit. L’héritage, la plus violente des lois de l’inéquité, quand il n’est pas le seul produit du travail des parents.

Ailleurs ( et c’est le même village de cette superbe photo qui résume et transperce la société de ce temps là, notre société maintenue sous d’autres formes ), les pauvres, inutile de raconter. L’homme. la femme.

Tout dit comment c’est, leur vie au service du Maître ( celui-là, un autre), la pauvreté quotidienne, l’incertitude non pas seulement du lendemain, mais de chaque instant, y compris de l’orage qui va gronder sur les vignes du Maître, par avance mécontent, même de ce qu’on lui garantit posséder… Et Le Photographe d’Ivoire, sait-il vraiment ce qu’il expose, offert à deviner, dans les plis de l’étoffe ? Encore, la domination s’expose- sans le vouloir peut-être?

Mais garanti (toujours!),le maître, croit-il, pour l’éternité. . Pourvu qu’on y mettre la main, serait-elle une « main sale », le mouvement de la domination semble perpétuel.

Les autres, le « reste ». Leurs yeux sont des miroirs d’un ciel vide et triste.

Ce qu’on peut y trouver est une impression réduite à l’ombre : l’inquiétude. La peur. La peur que ce soit encore plus difficile. Encore plus maladif, fragile, enveloppé de faims mal éteintes. On pourrait, là aussi, chercher à connaître leurs noms, leur vie. Aucun risque à parier que leur nom ( le père, sur la photo, le fils plus loin ) est gravé sur le monument aux morts du cimetière…

Mais – et toujours ce fut ainsi depuis onze ans de « SAISONS »-DeeJeePap préfère (même pour les plus fissurés des souvenirs),

observer nos horizons à travers ces filles qui regardent leur avenir vers devant, ou ces autres qui regardent leur présent vers lui.

Et ni les troubles de l’Histoire ni les dislocations du futur jamais n’aboliront le bazar ou n’extermineront la patience dans l’azur de l’un et l’autre poete, et nous marcherons les pieds dans l’argile mais les yeux vers l’avant.

fait notre musique sans amertume. Reposant ou marcheur, on avance.

et

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Didier JOUAULT et pour FINIR VRAIMENT : poste 53 de saison ,

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