Rappel, c’est mieux de cliquer » lire sur blog »
TEMPS DE LECTURE / SIX MINUTES
16–OPERA NIXON in China, acte 3
Le dernier acte raconte la dernière nuit en Chine, où l’on voit les protagonistes dans une forme d’intimité, chacun de son côté ( Nixon et Madame, Mao et Madame). Et surtout Nixon revient longuement sur son passé d’officier, en guerre …en Asie. L’opéra, de nouveau, centre musique et livret sur un conflit des cultures paraissant négliger les aspects politiques et diplomatiques. Mais l’écoute – et davantage la lecture – l’explicitent : les Américains, se pensant plus forts, se font rouler : les Chinois sont en train, à la fois, de se légitimer aux yeux du monde, et de commencer à imiter-piller-reproduire à bas coût.
Durant la dernière nuit des Américains à Pékin, il devient évident aux yeux de tous qu’il n’y aura pas de grand changement réel de politique ( Taiwan, Vietnam, commerce, etc.)—Mais en réalité l’opération « internationale » est un vif succès pour une « Chine à visage de dialogue »- oublions ainsi la « Révolution Culturelle« . Seul Zhou semble voir plus loin, demandant « Combien des choses que nous avons faites étaient bonnes ? », avant d’écarter ses doutes et de retourner avec lassitude à son travail :
Je suis vieux et je n’arrive pas à dormir
Sans arrêt, comme les jeunes, à espérer
Que la mort sera quelquechose de nouveau
Mais une insomnie sans fin quand je
M’arrête de travailler et que je vais me coucher. 
Dans tout ce que nous avons fait, qu’y a -t-il eu de bien ?
Tout semble se jouer hors de portée
De nos remèdes. Allez, laisse cicatriser cette plaie.
A cette heure on ne peut rien faire.
Juste avant l’aurore, les oiseaux commencent à chanter,
Les fauvettes qui préfèrent l’obscurité
Les oiseaux en cage leur répondent. Au travail !
Hors de cette pièce, la fraîcheur de la gràce
Repose lourdement sur l’herbe du matin.
FIN «
(Livret, Opéra de Paris, p.123)
___________________________________________________________
17 – HAXO sans CHINE, Spectacle :
Aussi, puisque se parcourt ici la contre-ligne du spectaculaire, voici encore HAXO : Les « Otages » de la rue Haxo – Hauts de Belleville, le scandale qui émeut Vallès. Sous terre : jadis, une station de métro fut construite, rue Haxo, et nommée telle quelle. Jamais mise en service – cas non unique-, la station HAXO, fantôme très vivant, continue aujourd’hui d’être louée pour des films, des séries.
On peut, c’est coûteux mais on peut- la « ré-habiller » de publicités d’époque, faire tourner les comédien(ne)s en costumes adaptés à la date, et même faire rouler de vieilles rames, issues du musée du métro. Sous terre, alors, la mécanique souvent vide et toujours dispendieuse du cinéma pousse ses fictions et enracine ses narratifs sous un église catholique batie en « hommage » aux otages ( plus modestement que le Sacré Coeur ), à quelques pas – sans doute- de la fosse commune qui servit pour qu’on y jetât les dits « otages »
(la fosse est encore introuvable, probablement couverte par un immeuble ultérieur).
Le film, par essence « trucage » et représentation irréelle d’une réalité, se tourne et déroule son illusoire présent dans un tunnel creusé, on espère sans le savoir, dans la terre de sang et de silence de la Commune, un tunnel de fiction historique, comme si l’on plantait le décor d’une pièce de théatre dans le terreau meuble d’une caveau à peine refermé. Cette idée, Mademoiselle A. en pleure.
18 – VALLES :
On y revient avec ardeur, parce que ces pages sur cette histoire, par la plume de « l’Insurgé » répondent avec une humble ferveur aux questions des Révolutions : celles du Droit, de la Vertu, du Juste, et de l’implacable échec d’une relation harmonieuse entre « élus » ( et pourtant, c’est Vallès, pas Ferry !) et acteurs ( et cependant, Vallès est sur les barricades ). C’est la semaine sanglante. Vallès apprend un massacre :
» Et de quel droit , au nom de qui a t-on tué?! La Commune tout entière sera responsable de cet égorgement ! Nous avons des éclaboussues de leur cervelle sur nos écharpes !« (p.320) et encore : « Mais cette boucherie est horrible! ces gens étaient agés, prisonniers, sans armes. On criera que c’est une lâcheté ! 
–Une lâcheté!… Dites donc, le lettré, et les massacres de Septembre? C’était donc une blague quand vous nous disiez de faire comme en 93 !
–Vallès(…) Thiers ne demandait que ça, et va s’en lêcher les babines de petitye hyène…il lui fallait ce stock de dirigeants, ces cadavres de pieux, ces corps des martyrs pour en caler son fauteuil de président.
–C’est possible ! a riposté un gars du peloton. Mais, en attendant, on saura que si la Commune faisait des décrets pour de rire, le peuple les exécutait pour de bon ( p.321-22)
Vallès, « l’Insurgé », à chaque fois contre la mort inutile ( seul le rare symbole, exceptionnellement, peut la légitimer).Toujours pour l’humain dans l’humanité.
19 – Mademoiselle A.,

» Allez à la fin, puisque nous sommes si loin du début ».
Donc :
20 – VALLES, BELLEVILLE
Les dernieres barricades. C’est par ici que ça se passe, ces arrondissements et en dernier Belleville. La mairie d’alors, d’où les élus PYAT et RANVIER tentaient d’organiser l’ultime résistance, était un lourd bâtiment datant du village d’avant le rattachement à Paris. C’est à cinquante mêtres de l’immeuble où habite DeeJeePAP. De la fenêtre on aperçoit les bâtiments de 1895 bâtis à la place de la mairie, déplacée en 1875.
Il y a partout des plaques commémoratives, mais aussi de superbes blocs hausmanniens qui ont permis d’effacer dans l’architecture de pierre riche les mémoires de sable des Communards pauvres, tués ici-même.
Derniers jours et – dans les bruits de blessures et de mitraille, les débats deviennent plus aigus- et plus clairs – que jamais. Cette fois encore, la parole de VALLES -sans complicité- proclame ce qui seul au terme ( et on est proche du terme, tout le monde le sait en cette fin de semaine sanglante) seul au terme importe à l’homme : le sentiment de son humanité.
________________________________________________________________________
Didier jouault pour : DejeePap/75, à partir des échos tendres du temps. partir des échos Episode 23 /VALLES marche dans Belleville,ou rue HAXO, et Mao chante pour NIXON à l’Opéra. Partie 6/7 AVANT DERNIER fragment de la série.
Laisser un commentaire