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Sans bande-son et comme dans un défilement muet d’une pellicule sauvée d’un grenier, DeJeePap promène son age dans les jours et les nuits du simple temps : bientôt achevée la » séquence » 75 et davantage, saison quatrième (ou cinquième? ) de la série commencée en 2015, » YDIT-BLOG ».
Oser à présent ne raconter que de presque riens, en sachant – Mademoiselle A. le dit- qu’on en tire le bénéfice du doute.

Après-midis d’I Phone, : dans la rue on entend Stéphane et Claude, main dans la main, pour le plaisir de la clarinette ou d’une patience dans l’azur, celle du papillon-mémoire. Illustrations faciles du présent passant. Du passant passé?



Après-midis d’I Phone, à la recherche sans but des promeneuses, des graffiteurs -tantôt souriants, et parfois pas, des visiteuses de musée (pièces majeures de la vie muséale) , de promeneuses de galeries (vies centrales de l’univers galariste), de patrouilleuses de salons de thé, d’Institut ( serbe) ou de Maison (de la photo).
En face du café « Les Rigoles », si souvent nommé depuis le début de » DeeJeePap 75 « , il y a onze mois, le banc des « à la rue » est vide ce matin. Les traces qu’on peut lire, abandonnées par plusieurs, donnent alors au début de promenade matinale une tonalité douce-amère de passé dépassé par ses propres illusions.
Les volumes sont fermés, la bière est bue, le slip est vacant. Les titres eux-mêmes font le portrait d’un assoupissement. Peut-on sincèrement affronter le vide du passé– l’inéxécution des promesses- libération, ivresse, rapports nouveaux, – et cependant continuer à regarder le bruissement brouillon des tentenaires buvant à la terrasse de « Les Rigoles »? « Les Mésanges »? « Les Cascades? » « Le Zéphyr »? « La Favorite »? ..

De l’autre côté de la place – qu’on traverse toujours en diagonale (pas celle du fou, trop lourde à porter), la boite à livres a été vidée elle aussi, mais un ami de deeJeePap boit du café en l’attendant.
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On discute théatre, programme du futur festival, horaires de train pour s’y retrouver. On « réserve » tout : le train, l’hotel, le restaurant du Palais, plusieurs spectacles dans plusieurs salles. Tout sauf le futur. Mais ici est le présent de l’écrit.
Dans la rue, banalement, des gens ordinaires trouvent la force de vaquer à leurs vacances. Laurent, pour cette fois venu de loin, voudrait la recette complète de ce dessert si précis qu’on le croirait sorti en sautant du train affolé d’un réseau ferroviaire associal, un peu Orient-Express fatigué, Paris- La -Tour de Carol mais sans Fontaine.

En route, le peintre de la rue Demay a bizarrement délibéré de poser la même oeuvre sous deux formes. Si elle ne s’était pas résignée au silence, – ou si elle n’y avait pas été contrainte- Mademoiselle A. livrerait gracieusement, et avec grâce, une analyse de cette curieuse mais stimulante gémellité.
« On n’en saura jamais rien » dit Laurent.
DeeJeeap : « Mais avons-nous encore la volonté de savoir? »

Marchant vers une galerie – probable motif de leur visite- tous deux savent qu’ils n’ont plus la volonté de répondre. Trop tard pour la volonté. Encore trop tôt pour le savoir.
Ainsi que l’exigent l’usage et les passages, les oeuvres d’ici racontent le bonheur du peintre, ou son horreur de vivre, mais n’incitent à nul récit, n’invitent à nulle émotion. C’est là, c’est tout, si ça ne plait pas, voyez ailleurs. D’ailleurs, on ferme bientôt. Voilà tout.
Laurent et DeeJeePap ne peuvent que regarder les visiteuses explorer ce désert, avant de leur demander un chemin pour évacuer, les femmes et les enfants d’abord.

La canicule amoindrit toute intolérance. Elle délivre de tout devoir, sauf celui de chercher la mer, à boire.
Au bord du canal ( il y a trente ans, ils s’y sont retrouvés par hasard, après dix ans d’absence), insoucieux d’écouter les avertissements de Mademoiselle A., Laurent et DeeJeePAP 75 s’exposent à d’autrement rondes exhibitions. Arcs des ponts et rond des nuques; droites des quais et courbes des reins. Courbes, comme toujours, on y voit la fragilité maîtrisée de l’humanité ( les glaciers n’ont pas de courbes ). On ne déteste pas l’imaginaire qu’ éveillent ombres et formes, le caché par l’étoffe invente les possibles de la vie.
Après tout, on se plonge toujours dans le même canal. Aussi, maintenant, DeeJeePap et Laurent s’occupent à compter les gens, les dos, les sauts, les peaux, les bonds, les ronds, les fronts : les gens.
Ils parlent, aussi, de livres et de cinéma- au rythme humide et lent d’une carpe de canal que dérangent à peine les corps jetés du pont.
Temps simples, après-midis d’I phone, images qu’un lendemain avare d’espace-mémoire effacera sans regret ni malice.
« Et c’est bien : comme ça, vous ne capturerez pas mes cheveux trop mouillés par le courant », dit une Américaine rieuse, munie d’un accent grave et d’une paille dans l’oeil- celle du DIET COKE.

On ne capture pas, on n’efface pas : ça se pose en mémoire, juste à l’heure pour la séance …de cinéma.
En couleurs et muet, le cinéma du souvenir. Sourd déroulement serein vers la fin de séquence : INTERRUPTION ! 
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Didier Jouault pour : DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 46 , les Après-midis d’I Phone . Fin de saison moins 6 : on se plonge toujours dans le même canal.
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