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Les Après-midis de l’I phone, dans la rue on entend Paul et Claude, les auteurs de l’après-midi, main dans la main, ,leur nom fini ar le même Y, pour le plaisir de la clarinette ou d’un vers « patience dans l’azur », celle du papillon-mémoire. Illustrations faciles du présent passant.
Mademoiselle A. le prétend, les images du I Phone – après-midi léger ou nuit pleine- sont trop souvent mobiles et répétées- pour que l’image n’en devienne pas brouillée. Les ultimes fragments de la présente « saison », comme dans une ville d’eau, ville d’os, et de concerts, de conserve, progressivement s’épanouissent, s’épaississent et disparaissent sans rumeur ni tumeur : souplement. C’est du copié-bougé. Paisible. Mélanges.
Mademoiselle A.- qui connaît son propre effacement proche – est solidaire, mais revendique : « Avec vos textes, maintenant, DeeJeePap, On se perd dans les lieux, les récits, les longueurs, les déambulations du narrateur indifférent aux chronologies, dit-elle. Au lieu de rester là, ici, posés, en attente, paisibles dans l’azur. On ne serait pas bien, immobiles dans l’azur, ici, si? «
Mais, ici, sur la fenêtre entrouverte de l’I Phone, on apprend de nouveau que Julie est morte. Plusieurs annoncent cette vérité unique. Elle n’en reste pas moins unique. A chaque fois la surprise. On croyait que les autres, au moins, ne meurent pas.
DeeJeePap l’admet : voiture, amis, trains, visites, promenades festivals et voyages, on remue sans cesse. Comme les shakers des bars chics d’antan, mais le breuvage est sans surprise. Les images s’accumulent, saturent la mémoire de l’i Phone. Paris, Normandie, Paris, Avignon, Paris, Perche, Paris, Berry, Paris… Mais c’est vrai que, vers la fin (de la série, et pas seulement), l’envie devient permanente de, toujours, en faire davantage : davantage de tout. .


Sur l’étagère, pour un travail commandé, les tranches bleu-blanc de Minuit : Elle, Duras, Marguerite (de son premier nom Donnadieu, et c’est déjà trop dire) Elle, dans l’obscurité du récit fatigué comme de sa mémoire éteinte, elle attend que Yann revienne et se mette à crier, avec les bouteilles de vin, le vin rouge, épais comme la nuit, pour la nuit (Yann, lui, sait à quelle distance on trouve l’épicerie tardive de Trouville où se vend de quoi surnager à l’épaisse marée de la nuit- car l’absence du vin leur paraît encore pire que la glu des soirs).
Mais Yann n’arrive pas, l’aube arrive, et l’on apprend de nouveau que Julie est morte. 
Mais Yan n’arrive encore pas, le soir survient de nouveau, et l’on apprend toujours que Julie est morte. Plusieurs annoncent cette vérité unique. Elle n’en reste pas moins unique. A chaque fois la surprise. On croyait que les autres, au moins, ne meurent pas.
Cela ne calme pas la tempête de vivre, sur la plage, d’encore de plus près regarder les sauts un peu absurdes des puces de mer, que l’aube déçoit : Yann ne revient pas, et ce matin, ou ce soir, plusieurs l’annoncent, et l’on sait que Julie est morte.
On la connaissait depuis des années, la voisine du Cinquième, bavardages, légers diners, rencontres, livres, humour, culture. Peu de mois après les re-confirmations du diagnostic définitif, Julie avait- secrêtement, sauf pour de rares visiteurs- complètement cessé toute forme de traitement, hormis celui que forme toujours l’échange simple et bavard de la vie quotidienne. Pas la peine. C’était assez. Tout était devenu assez. On apercevait bien, à sa posture dans l’escalier, qu’elle portait la poche de morphine accrochée à sa veine, entre autres poches qui recevaient les humeurs du temps et les oublis que son corps ne retenait plus à lui-seul.
Les jours suivants, sur la plage, ( dans son souvenir, sur la plage, car il n’y a pas mis les mains depuis quarante ans), DeeJeePap continue l’application des remèdes : marcher, libérer les formes généralement aériennes de l’endophasie, savoir que les plis de l’océan, jamais, n’aboliront les étranges sauts des puces de mer. Elles bougent, nul ne sait pourquoi, elles bougent.
Sur le port, que trop de promeneurs privés de mots visitent comme une cave à dégustation dont les vins seraient éventés, les engrenages et les silhouettes parviennent encore à postuler que
le mouvement est possible.
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Pour les silhouettes des visiteuses du jour, par elles, tout est possible. Le mouvement se prouve par la marche des visiteuses de rue.
En marchant, vers l’aube, on dépasse les malicieux détournements visuels d’un peintre qui fait de la tendresse avec de la guerre, sur les pans effondrés du vieux béton bunker. Au retour, DeeJeePap lit les cartes concurrentes des deux seuls restautants posés sur le quai.
La vie : les différences. Celle qui l’accompagne et lui s’invitent mutuellement à déjeuner à chacune des tables, ce soir, demain..
Depuis le haut des falaises, ensuite, on perçoit mieux le vertige de vivre, et le bonheur de poser tout de même les grosses chaussures sur l’étroit chemin de cailloux sableux.
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Plus on avance, moins l’horizon est loin- illusion ?
Peut-on gravir les courants ascendants de la mémoire pour descendre sur l’histoire? Et se poser sans mal sur un clavier de béton? 
Le regard de ce qui a passé toujours observe ce qui pourrait venir, parmi les débris de la mémoire, solitaire ou partagée- ce qui pourrait survenir et qu’on provoque en l’ignorant.
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Ici, aussi, sur la côte normande, Julie traverse les souvenirs de son pas lourd, elle regarde et nul ne peut dire si elle voit encore ?
Dans la valise rouleuse, subsistent quatre minces livres, liseré bleu, couverture blanche, étoile collée à m.
Au café, assise, elle regardait DeeJeePap, qui attendait. Au présent : qui attend, sur une autre terrasse. Nulle urgence désormais, ou -plutôt- tout serait urgent, si l’on croyait à la nécessité du temps. Quatre livres, liseré bleu, couverture blanche, étoile collée à m.

« L’homme assis dans le couloir« , Incipit : » L’homme aurait été assis dans l’ombre du couloir face à la porte ouverte sur le dehors« . page 15 : » « Les yeux toujours fermés, elle lâche la robe, ramène ses bras le long de son corps, dans la coulée de ses hanches, modifie l’écartement de ses jambes, les oblique vers lui afin qu’il voie d’elle encore davantage, qu’il voie d’elle encore plus que son sexe écartelé dans sa plus grande possibiilté d’être vu, qu’il voie autre chose, aussi, en même temps, autre chose d’elle,… »Fin : « Je vois que l’homme pleure couché sur la femme. Je ne vois rien d’elle que l’immobilité. Je l’ignore, je ne sais rien, je ne sais pas si elle dort. » 
« La maladie de la mort« , Incipit : » Vous deviez ne pas la connaître, l’avoir trouvée partout à la fois dans un hôtel, dans une rue, dans un train, dans un bar, dans un livre, dans un film, et vous-même, en vous, en toi, au hasard de ton sexe dressé dans la nuit qui appelle où se mettre, où se débarasser des pleurs qui le remplissent« . Fin : « Ainsi cependant vous avez pu vivre cet amour de la seule faon qui puisse se faire pour vous, en le perdant avant qu’il soit advenu ». 
« L’homme atlantique« , Incipit : » Vous ne regarderez pas la caméra. Sauf lorsqu’on l’exigera de vous. Vous oublierez. Vous oublierez« . Fin : »Je suis dans l’amour entre vivre et mourir. C’est à travers ce défaut de votre sentiment que je retrouve votre qualité, celle justement de me plaire. Je crois être seulement attachée à ce que la vie ne vous quitte pas, pas autrement, le déroulement de celle-ci me laisse indifférente, elle ne peut rien m’apprendre sur vous, elle ne peut que me rendre la mort plus proche, plus admisible, oui, souhaitable. C’est ainsi que vous vous tenez face à moi, dans la douceur, dans une provocation constante, innocente, impénétratable. Vous l’ignorez ».
« La pute de la côte normande », Incipit : » ...Luc Bondy m’avait demandé une mise en scène pour » La maladie de la mort », pour la Schaubühne de Berlin. J’avais accepté, mais je lui avais dit qu’il fallait que j’en passe par une adaptation théatrale, que je fasse le tri dans le texte, qu’il pouvait être lu, mais non joué. J’ai fait cette adaptation. Dans celle-ci, déjà, les héros de l’histoire se taisaient, et c’étaient les acteurs qui racontaient leur histoire, ce qu’ils avaient dit, ce qui était arrivé. » Fin : « Quand j’ai écrit » La maladie de la mort », je ne savais pas écrire sur Yann. C’est ce que je sais. Ici, les lecteurs vont dire : ‘Qu’est ce qui lui prend? Rien ne s’est passé, puisque rien n’arrive.’ Alors que ce qui est arrivé est ce qui s’est passé. Et, quand plus rien n’arrive, l’histoire est vraiment hors de portée de l’écriture et de la lecture ».
L’écran dit que julie est morte.
Plus tard encore, on retrouve la petite maison où l’hôtesse a multiplié les signes d’accueil et les touches d’amitié. Il n’y a rien à montrer de cela, indispensable et cependant non imaginable. Encore un message, le dernier : » Savez-vous que julie est morte ? »
Quelqu’un dit que DeejeePap devra, sans doute, remplacer l’un des épisodes erratiques de la fin de saison, déjà écrit, pour un autre texte, un texte un peu comme pour Julie. En ouvrant le vin du soir, le blanc sec de fin de saison, une autre parmi les convives dit que les bouteilles commencées doivent être bues rapidement, sinon elles virent vinaigre, avec cette chaleur.
Avec cette chaleur? Survenir vinaigre en l’ignorant ?
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Didier JOUAULT , pour : DeeJeePap-75 : vers l’effacement des échos tendres du temps. Episode 47 , Fin de saison , moins 5 : survenir en l’ignorant
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